Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:24

Samedi 1er Mars

 

Une hélice est faite mais il faut encore  l’équilibrer.

A part ça  journée zen .

Rand et Jean-Jacques offrent des cadeaux à toutes les femmes de la famille d’Hicham pour les remercier de leur accueil. A la suite de ces achats Hicham déclare que Randa n’aura plus désormais droit d’accés qu’aux seuls magasins d’alimentation…

A propos , je confectionne pour midi un couscous avec de l’excellent agneau et de magnifiques légumes et on se régale. Je craignais d’en avoir fait trop , mais pas du tout !!

 

Dimanche 2 mars

 

On se prépare pour aller se mettre au sec afin de resserrer l’écrou qui empêche l’hélice babord de tourner correctement  et surtout de pousser. Momentanément nous serons sinon à l’abri des curieux tout au moins un peu plus loin.  J’ai mis un petit rideau à la porte mais chaque matin la vaisselle reste un spectacle.

Nous quittons le quai avec plein d’au-revoirs, qu’est-ce que ce sera quand nous partirons pour de bon ??

La mise au sec ne se fait pas si facilement que ça . En plus aujourd’hui les coefficients de marée sont au minimum, mais on a de l’aide …nombreuse à défaut d’être efficace… il y a des petits bras de 8 ou 10 ans. Et puis allez donner un ordre à quelqu’un qui ne les comprend pas !

Je vais devoir faire imprimer quelques photos ici pour les donner à nos petits aides qui font les clowns chaque fois que je les photographie.

 

Sur le coin où nous sommes toute la journée des  canots viennent faire leur carénage… Ils arrivent assez vite puis relèvent leur moteur pour glisser le plus loin possible sur le sable . 2 ou 3 hommes , ou plus selon la taille de la barque la soulève pour la mettre  sur le flan et bien au sec , puis commence un nettoyage au sable. Quelques gamelles d’eau de mer pour rincer, un petit fignolage avec une boite de conserve sur les parties rebelles, et on étale l’antifouling avec un chiffon, puis quelques retouches de peinture si nécessaire toujours au chiffon et en quelques heures voilà un bateau tout propre , remis à l’eau et prêt à repartir au travail.

 

A 14H30, heure de la marée la plus basse on voit qu’on n’est pas très bien posé et que le travail n’est pas possible .

 

16H : Grand nettoyage d’Alcazar qui de gris redevient blanc avec beaucoup d’eau de mer et un peu de Vim, voilà un produit vieux comme Hérode, qui ne coûte pas cher et qui additionné d’un peu d’huile de coude donne de très bon résultats.

 

18H :  Christian met  place la nouvelle hélice.

19H : Hicham vient chercher J.J. et Randa pour aller récupérer la deuxième hélice

21H : Ils ne sont pas encore rentrés… nous attendrons donc demain matin pour bouger à nouveau le bateau et faire enfin ce petit boulot .

De toutes façons s’il faut aussi équilibrer la deuxième hélice ce ne sera fait que demain, donc pas de panique.

22H : Ils arrivent avec la fameuse hélice fin prête… c’est juste nous qui ne le sommes pas pour la mettre en place .

 

Départ Mardi ??? ce serait bien !

 

 

Lundi 3 mars

 

La mer ne descend pas suffisamment , il s’en manque de 10 cm à peine et on ne peut pas reculer le bateau d’avantage sous peine de casser les safrans…

Mais il existe une cale de carénage occupée actuellement et naturellement par les boutres, alors nos amis gardes-cotes vont la faire libérer et nous sortir de l’eau ….aussi longtemps que nécessaire, en fait il devrait nous falloir une bonne heure, le travail étant déjà préparé.

Le départ demain risque être après demain …

Le D pose toujours problème, on va ne plus en parler et attendre d’être prêts.

La liste des dernières courses est prête, il nous faut surtout de l’eau en bouteille et du gaz, maintenant que le frigo fonctionne, nous en consommons d’avantage mais il est très agréable d’avoir au moins de l’eau fraîche pour les repas et de conserver quelques petites choses comme le beurre, les yaourts. Ce ne sera pas le ravitaillement Djiboutien, d’autant que J.J. et Randa mangent fort peu en mer, mais j’espère que l’appétit viendra avec l’habitude.

 

Je crois qu’avec ses voiles et ses hélices neuves, Alcazar va devenir un dévoreur de miles comme un bon bateau de course, avant de se reposer à Beyrouth.

Au fait vu la date , je dois renoncer à fêter mon anniversaire au Liban… alors j’espère que ce sera en Egypte, parce qu’au Soudan ça ne me dit rien du tout..

 

 

Mardi 4 mars

 

9H : Nous avons passé la nuit le long de notre quai habituel, après un accostage pas très simple, mais sans casse.

Ce port déploie vraiment une activité extraordinaire de jour comme de nuit.

Il n’y a d’accalmie qu’entre midi et 16H, tout le reste du temps les boutres et les plus petites barques partent et reviennent chargées de poissons, le secteur est fructueux car il y a beaucoup d’îles et de hauts fonds. Et la zone portuaire est bien équipée en frigo et glace pour emporter le poisson vers la capitale et l’exportation. Il y a aussi des ventes à la criée qui ne manque ni de cris ni de micro !

Mais ici contrairement à Djibouti : pas de femmes sur le terrain.

 

Nous attendons maintenant que l’on vienne déplacer et lever le bateau pour lui faire enfin son ultime réparation. Pendant ce temps on ira faire un tour en ville.

Et bien je complète cette aventure du jour à 17H30.. Le bateau est hors de l'eau et ce fût bien mené mais avec pas mal d'émotions. 
La P.. d'embase est enlevée et l'on s'aperçoit que le bout  a fait plus de dégats que prévu, il y a des pignons à refaire et je vous passe les détails qui sont aussi techniques que compliqués... A l'heure où je tape diverses pièces sont entrain d'être refaites et une chose est sure c'est que nous ne partirons pas demain !!!
Sans compter que le bateau étant posé l'arrière en l'air on vit comme des dahus à l'intérieur , table en biais , couchettes aussi ... on va donc dormir la tête en bas ...
J'espère revenir demain vous tenir au courant .
Par Geneviève Tarratre
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:23

Mercredi 5 Mars

 

9H30 :

 

Nuit inconfortable vu la position du bateau (vous verrez dés que je mettrai la photo) . Nous devrions récupérer les pièces de l’embase dans la journée refaites, réalésées, ajustées. Dés que ce sera remonté  on pourra retrouver une position plus confortable et regagner un amarrage plus propre. Ici il y a foule de corneilles et de goélands et ce matin le pont était jonché de débris de poissons et de crabes et surtout moucheté de fientes. En attendant Ibrahim va remettre de l’antifouling sur les ailerons qui n’avaient pu être traités la dernière fois car ils étaient enfoncés dans le sable . Jean-Jacques améliore les lazzy-jacks et les prises de ris et nettoie le pont.

Hier soir nous sommes allés manger au restaurant ( vu la position du bateau je n’avais pas envie de cuisiner) et Hicham nous a emmenés dans un restaurant où nous avons mangé des spécialités à base de fèves…  C’était délicieux et je n’ai pas pu payer la note alors que la sortie était à ma demande.

Au retour nous avons la visite de nos petits aides musclés : 4 gamins de 10ans dont un mi Egyptien mi Yémenite avec un baratin incroyable. Comme nous leur avons donné des pancakes et autres gâteaux en remerciement de leur aide , il nous promettent un cadeau pour aujourd’hui ??? Quoiqu’il en soit ce sont vraiment des gosses adorables ! Le 2ème soir sur le mouillage ils nous faisaient de grands signes depuis le bord et dés que je suis sortie pour leur répondre il sont vite venus jusqu’au bateau où n’ayant plus de gâteaux à leur offrir j’ai mis en place une distribution de … bisous ? ils ont eu l’air contents et moi très touchée.

 

10H30 :  Visite du  grand directeur du port . C’est lui qui a fait dégager tous les bateaux pour libérer la cale de carénage . Il visite le bateau car il est rare qu’un catamaran séjourne aussi longtemps au  milieu des boutres, et d’une façon générale les catamarans de passage sont rares aussi .

Vers 11H J.J. et Randa partent voir où en sont nos pièces.

A midi ils sont de retour sans les pièces qui  ne seront prêtes que dans l’après midi.

De toutes façons nous sommes à marée haute et la prochaine ne sera donc que vers minuit, donc nous devrons attendre jeudi midi pour être remis à l’eau.

Hier la découverte des dégâts avait sapé le moral de l’équipage et nous n’avions pas déjeuné. Ce midi j’installe un tissu sur la table pour empêcher assiettes et verres de glisser et nous déjeunons en compagnie d’Ibrahim ( le plus bavard de nos aides) qui découvre et apprécie la purée et le sauce au poivre vert accompagnant  le poisson . Je cuisine presque chaque jour un nouveau poisson offert le matin. Je serais bien cliente  pour une raie ( elles sont magnifiques) ou pour un très beau poisson rouge ( un bourgeois ou un vivanneau) mais je n’ose demander car le paiement est exclu. Tout juste si on arrive à payer notre pain et nos légumes.

Tout compte fait on devrait peut-être rester ici .

 

19H30 : Nous rentrons de chercher les pièces de l’embase et de faire quelques courses. Mais il manque encore un axe ou je ne sais quoi… Hicham et Christian retourne à l’atelier.

 

20H30 : Omar, Yahya, Ali et Ismaël nos quatre petits chéris nous apportent le cadeau promis : pour nous deux précisent-ils. Voilà un magnifique emballage brillant et enrubanné… à l’intérieur une boite de gâteaux… et dans la boite 2 jolis petits cadres avec des versets du Coran porte-bonheur et protecteurs et 2 petits cœurs rouges. Sur la boite un petit mot et la signature des 4 complices.

Nous conserverons précieusement ces cadeaux offerts avec cette générosité qui est une caractéristique du peuple Yéménite et même visiblement des plus jeunes.

 

22H : Revoilà enfin les hommes et l’embase complète cette fois  plus Mohammed Ali l’ingénieur mécanicien du port qui nous aide depuis le début.

Ces messieurs remontent l’objet qui devrait maintenant être prête à jouer son rôle, à savoir faire tourner  l’hélice. Demain matin elle regagnera son emplacement .

 

 

Jeudi 6 mars

 

9H30 : L’embase reprend sa place, le moteur aussi , puisqu’il faut le reculer pour sortir l’embase.

La grue pointe son museau … mais pour d’autres travaux. La mise à l’eau devrait prendre moins de temps que la sortie car les aussières sont restées en place. Elles sont de taille à soulever un demi cargo.

J.J. perfectionne les lazzi-jacks et j’enduits tous les joints des hublots avec de l’huile de glycérine afin d’améliorer leur étanchéité.

 

Hicham nous parle de son frère Cheik Ryad, chez qui nous sommes allés. Il reçoit aujourd’hui le préfet et à cette occasion 250 personnes déjeunent chez lui .

Pour préparer le repas son épouse Achwak est aidée de sa mère , sa sœur et sans doutes quelques voisines . C’est là que nous apprécions le fait qu’il n’y ait pas de couverts à mettre. En effet les invités vont se succéder pour le repas dans les divers salons de la maison. Un plastique sur le sol et tous les plats dessus de l’entrée au dessert… c’est quand même plus rapide à installer que nos couverts traditionnels avec nappes, sur-nappes,  serviettes, assiettes, verres et couverts .. Plus rapide à débarrasser aussi … quant à la vaisselle …

Mais ça reste quand même un sacré travail.

 

 

11H50 : Tout est enfin remonté

12H20 : On est à l’eau. Comme prévu la mise à l’eau s’est faite plus facilement que la sortie . Nous retrouvons une position normale : ça fait du bien !

Babord démarre sans problème et Tribord rechigne un peu car sa batterie est dégonflée, un petit coup de générateur et 10 mn plus tard ça tourne.
On fait quelques ronds dans le port avec tous nos aides et assistants à bord… et encore un souci en vue : babord recrache fort peu d’eau de refroidissement.

On s’amarre , on déjeune.

Après déjeuner J.J. démonte la pompe et  RIEN , elle est O.K.

Tout le monde y met les yeux et les doigts et toujours pas de résultats.

On appelle Ibrahim  afin qu’il plonge voir si rien ne bouche l’arrivée d’eau.

Et non ! finalement J.J. découvre un jet d’eau à ses pieds, il semble donc qu’une durite soit fendue.

En fin d’après midi  on part à la recherche du tuyau adéquat pour remplacer celui qui est H.S.

 

 

Vendredi 7 mars.

 

J.J. à programmé un petit déjeuner de remerciement pour l’équipe des garde-côtes avec remise de cadeaux : un petit livre arabe français pour chacun. Il a préparé aussi un magnifique discours très émouvant pour leur exprimer notre reconnaissance. Naturellement Randa traduit et elle ne peut s’empêcher d’avoir les larmes aux yeux… et pourtant elle connaissait déjà les phrases.

Nous sommes invités chaleureusement à revenir au Yemen dont nous serons les fervents ambassadeurs, car jamais nulle part ailleurs nous n’avons connu un accueil et une hospitalité de cette ampleur.

Le seul petit souci est que nous sommes vendredi et que beaucoup de nos amis sont de repos voire encore au lit , donc on récidive à midi.

En attendant on retourne au bateau pour faire ce que nous espérons être les ultimes réparations. On a aussi un sérieux ménage à faire, mais tant que les allées et venues ne cessent pas , c’est peine perdue.

 

Je vous invite tous à venir au Yemen, car c’est vraiment un pays extrêmement accueillant, très intéressant à visiter, et pas encore envahi par les touristes.

Et s’il y a parmi vous des plongeurs, il y a ici à Al Hodeida, un Italien avec un grand bateau de 13 Cabines qui organise des séjours de plongées dans les îles voisines. Vu tous les poissons qui arrivent il doit y avoir une faune aquatique d’une richesse exceptionnelle. J’aurai très bientôt ses coordonnées

à vous communiquer.

Ce matin nous avons vu débarquer une cargaison impressionnante de requins de différentes espèces, dont certains énormes. ( Il y a 3 ans la 2 a réalisé un film de plus d’une heure sur la pêche au requin ici même et ce film a du être diffusé il y a 2 ans) Si quelqu’un peut le retrouver …vous y verrez nombre de nos nouveaux  amis ainsi que le port où nous sommes.

Nous avons aussi appris que la capture de dauphins était sanctionnée, et lorsqu’une fois un pêcheur en a ramené un qu’il n’avait pu sortir du filet , il a été libéré dans le port où il est resté quelques jours avant de repartir en mer.

 

Donc à midi nous faisons un excellent repas au restaurant du Sultan où nous avions mangé le premier jour, cette fois-ci avec toute l’équipe en grande tenue : nous sommes 15 dans une salle privée afin de ne pas être gênés par le bruit.

J.J. est obligé de refaire son discours pour les absents du matin, et le directeur des garde-cotes remercie dit encore que leur accueil est normal que nous devons

revenir au Yemen pour visiter le reste du pays qui possède d’importants sites archéologiques. Il nous apprend aussi  que toutes les vedettes et autres bateaux dont ils disposent sont offerts par la France… cocorico !

 

Juste avant de partir déjeuner nous n’avions pas eu le temps de vérifier si notre moteur tribord s’était remis à refroidir correctement car il restait vraiment cabochard sur la question et J.J. et Christian ont passé la matinée dans la cale .

Au retour , on teste et ça marche enfin ! OUFFFFFFFFFF.

 

Ensuite Randa et moi procédons à un nettoyage extérieur d’Alcazar.. qui a reçu toute la crasse possible et imaginable pendant son séjour en cale sèche ….

Puis nous nous offrons un  luxe fabuleux :    une vraie douche… et ça croyez-moi c’est extra !!!

En plus nous pourrons désormais prendre de vraies douches chaudes : brève quand il faudra économiser l’eau et plus longue quand le plein sera facile à refaire.

 

Tout semble O.K.

Il ne reste qu’à resserrer un injecteur à babord qui laisse échapper a une micro-fuite de gas-oil, juste assez pour empoisonner l’atmosphère ! Mais pour ce faire il nous faut une clé que nous n’avons pas, donc on attend notre ami Mohammed-Ali.

Cette fois-ci il semble que l’heure du départ se précise

 

Allez !  un petit tour à en ville et au cyber-café pour mettre en ligne ces dernières pages. 

Ensuite n’attendez pas de nouvelles avant une dizaine de  jours !!!

Et que tous ceux à qui je n’ai pas eu le temps d’envoyer de mail personnels acceptent mes excuses, mais la lenteur des connexions ne facilite pas les choses.

Avant de vous quitter ces dernières lignes pour vous informer du dernier cadeau offert par nos amis garde-cotes: chacun de nous reçoit un petit sac en tissu contenant un tee-shirt , des gants, un coupe-vent, une casquette, un keffieh, des stylos, un briquet et un quart en métal, le tout à l'effigie des coast-guards of Yemen. Demain matin nous serons tous sur le pont en grande tenue pour le départ ...
Allez ciao et à bientôt .
Par Geneviève Tarratre
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:20
Samedi 9 Février

 

8.H30 :

Au lieu d’être au garde-à-vous sur le pont , vétus de nos tee-shirts et casquettes à l’effigie des garde-côtes et tout fébrile à l’approche du départ, nous sommes tranquillement installés dans le carré, tous bien habillés (les hommes en coiffure Yéménite) pour aller assister à un spectacle de chameaux donné en l’honneur du Président en visite à Al Hodeida.

Hier soir en rentrant du cuber-café Hicham nous informe de ce spectacle et nous demande si nous souhaitons y assister ? O.K. Maintenant que tout fonctionne on n’est plus à quelques heures prés.

Puis plus tard dans la soirée un coup de fil informe Hicham que la présence de son Président entraîne une suractivité de ses collègues dans toute la région et nous sommes fermement invités à surseoir à notre départ pour 48 H .

Donc….

 

Nous devions être prêts à 7H et nous l’étions. Mais à 10H toujours pas d’Hicham en vue.. Ses collègues s’inquiètent, son patron nous attend dans la tribune… Bref un de ses amis lui téléphone, et le réveille car le pauvre garçon n’est pas dispensé de son travail habituel en plus de la charge que notre présence lui impose et la nuit précédente il était de garde et s’est couché à 5H du matin, ce qui explique la panne d’ oreiller. Il surgit une demie heure plus tard.

Il est trop tard pour aller au spectacle.

Alors notre ange gardien et ses complices décident de nous embarquer dans une nouvelle ballade à la découverte du pays.

En route pour Sana’a la capitale.

 

Et c’est parti pour 4 H de route de montagne. Nous allons découvrir des paysages extraordinaires et trés différents des premiers. Le seul point noir est l’inconfort de la voiture , qui est parfaite  pour 4 , mais peu adaptée pour 5 et pour un si long trajet, et je ne vous dis rien de la conduite Yéménite, en roulant à gauche, une main sur le klaxon, une sur le téléphone, l’autre qui s’envole pour nous désigner les sites à voir et la dernière pour saluer les copains et une pour le volant ??? ça fait beaucoup , mais ça marche ......

* quand je vous raconterai la suite c'est que nous serons en Egyte ! 

je viens de refaire un essai pour mettre des photos, mais c'est impossible ! dommage, j'en ai plus de 700 d'ici ! 

 

Dimanche 18H40 :

Je suis au cyber-café pour mettre en ligne les dernières nouvelles, les détails sur notre escapade d’hier vous seront communiqués à  la prochaine connexion, car le départ est pour demain matin …..je l'écris en petit , on ne sait jamais....
Par Geneviève Tarratre
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:19

 

1- VOYAGE A SANA’A

 

Départ d’Al Hodeida dans la voiture
d’Hicham escortés de 3 garde-côtes et 2 de leurs amis venus de je ne sais quelle montagne


Nous sortons de la ville par une très belle porte  « gardée » par des militaires qui surveillent tout ce qui entre et sort de la ville. Nous retrouverons la même « douane » à chaque changement de province.

Nous traversons la zone industrielle avec ses nombreux bâtiments neufs et d’autres en cours de constructions. Puis c’est la route plate et droite qui traverse déserts et cultures.

Vient le dernier village de la plaine.

On aperçoit les premières collines avec beaucoup d’habitations ( ce qui confirme notre impression que le Yéménite des champs aime vivre perché ).

Suivent des collines plus hautes et des villages sur leurs sommets qui ressemblent à des fortins.

On traverse maintenant une petite ville très commerçante et très animée !

Au loin s’élèvent des sommets très dentelés.

Souvent nous croisons des pick-up aux plateaux surchargés de passagers et de marchandises ( 10 à 15 personnes sur le plateau et jusqu’à 6 dans la cabine )

On attaque la montagne : terre désertique et pentue sur laquelle poussent de très nombreux cailloux .

En bas de nombreuses zones vertes là où il y a de l’eau et des cabanes en bord de route pour vendre quelques fruits et légumes. Ce sont juste des abris contre le soleil : 4 morceaux de bois de guingois et un toit en feuilles de bananier séchées.

La vallée verte et cultivée s’élargit ou se rétrécit selon le lit de la rivière.

Au flanc de la montagne des maisons sont accrochées et pour y accéder il faut franchir la rivière à gué. Actuellement c’est la période sèche, donc pas de problèmes, mais à la saison des pluies ce doit être moins facile. Il semble y avoir une route ou piste en arrière des maisons.




Nous faisons une escale prés de ce qui semble être le début de la vallée, mais quand nous reprenons la route nous la retrouverons de l’autre coté .

Nous découvrons des rochers aux formes aussi bizarres que naturelles : tête d’aigle, chameau couché… ( j’ai hâte de mettre les photos )

Et c’est de nouveau la sécheresse absolue. Les maisons – dont on se demande ce qu’elles font là – sont construites en pierres locales et se confondent dans le paysage .

Plus loin les espaliers reprennent peu à peu , mais les zones sèches sont impressionnantes. Il paraît que cela change de façon spectaculaire au moment des pluies. On le croit sans peine !

Encore un petit village, puis changement d’aspect des roches. Des sortes de falaises comme d’énormes colonnes ! Quelques figuiers de barbarie font des tâches vertes et jaunes.

La route en lacet se poursuit à travers ce désert de roches. Quand on se retourne : à perte de vue des montagnes !

A l’approche du sommet on retrouve des zones de cultures en espaliers, certaines sur d’assez grandes largeurs selon la configuration du terrain et un peu plus de verdure avec les fameuses plantations de kat /

Quelques constructions bizarres à nos yeux, puis un très beau champ de kat dominé par une fort belle maison ( ça rapporte cette culture là )

Mais c’est quand-même le royaume des cailloux !

Encore 60 Km pour Sana’a !

Nous croisons ce qui ressemble à des vestiges de thermes (?) . Le Yemen est un paradis pour les archéologues.


Les champs de kat se multiplient , les habitations aussi !

Puis c’est la banlieue de Sana’a qui est la capitale du Yemen et domine le pays à 1500 m  d’altitude.

Et là un épisode fabuleux : le repas au restaurant :

En effet nos amis escorteurs veulent manger maintenant car avant de continuer la ballade, ils veulent acheter du kat qui est de meilleur qualité ici qu’à Al Hodeida . Soit ! Les 2 voitures s’engagent dans une circulation assez dense ( je vous mets à la suite un article sur la conduite Yéménite) et nous arrivons devant un restaurant «Touristique ». Très bien, on entre , passage au lavabos pour le lavage des mains rituel ( ben oui, puisqu’on mange avec les doigts, il vaut mieux les laver ). On nous installe sur 2 grandes tables et un serveur s’inquiète de notre commande : du mouton ? il n’y en a plus ! des crevettes ? on ne sait pas ! et finalement avant qu’on ait eu le temps de demander quoi que ce soit des plats de riz et de poulet ,ainsi que du poulet frit arrivent sur la table . On rit en se demandant pourquoi on nous a montré la carte ? Yahya et ses amis engloutissent leurs rations à une vitesse stupéfiante (le petit film que vous verrez est à vitesse normale ) puis ils se lèvent comme un seul homme et filent se laver les mains pour aller chercher leur kat !

Jusqu’au soir nous serons avec des individus aux joues bizarrement gonflées ! eux qui étaient normaux le matin !

Le service dans ce restaurant est très en dessous de ce que nous avons connu jusqu’à maintenant à Al Hodeida, même la minuscule gargote prés du port est mieux ! ici pas de serviettes en papier sur les tables, pas d’eau minérale et tout est jeté sur la table n’importe comment : le pain encore emballé. Et lorsque les clients quittent la table, l’aspect est impressionnant : le riz, les os de poulet, les sachets de pain ! mais tout ce bazar disparaît en un clin d’œil dans le plastique qui sert de nappe et d’assiette …

Il y aurait de quoi nourrir 10 cochons… mais ici qui se nourrirait d’eux ensuite ???

 

Nous quittons le restaurant et embarquons pour une destination surprise et magnifique …

 

On repart traversant d’abord une partie neuve de la ville pleine de jolis immeubles roses, puis c’est le revers de la médaille avec une zone de bidonvilles dont les bases sont érigées en pierres locales comme les vraies maisons.

Il est vrai que la matière première ne manque pas.

Et ça recommence : zone de cultures suivie d’une zone si désertique et caillouteuse qu’on se croirait sur la lune !

Les cailloux changent de couleurs et quelques maisons apparaissent . Puis viennent des tas de parpaings qui donnent des maisons tellement neuves qu’elles ont un aspect totalement anachronique.

La route est bordée de magnifiques et impressionnantes falaises ocres et roses  avec des villages perchés tout au bord. C’est vers l’un d’eux que nous grimpons !

Nous entrons dans cette ville fortifiée par une porte qui permet tout juste le passage d’une voiture. C’est très très beau ! Nous sommes à Kaw-Kabane !

La plupart des maisons roses comme la falaise sont restaurées et magnifiques !

On traverse le village pour arriver sur une esplanade qui évoque encore le désert. On quitte alors les voitures. Il fait assez froid car nous sommes à 2 400 mètres d’altitude.

 ( Je ne le sais pas encore, mais j’ai gagné une angine )

On approche du bord de la falaise. C’est très impressionnant. Les photos prisent de là ressemblent à des vues aériennes.

Nos guides nous entraînent vers un sentier qui descend le long de la falaise  Notre destination finale est un curieux petit hôtel, accroché là on se demande par quel miracle . Nous allons prendre le thé dans ce qui est la chambre 3 et dans ce décor d’une autre planète.

 

Puis ce sera le retour dans la nuit !

 

 

2-LA CONDUITE YEMENITE

 

Elle est décontractée et klaxonnante !

Nous apprenons qu’il existe un permis de conduire mais comme il est très coûteux beaucoup conduisent sans et c’est très bien toléré.

Dans ce pays où les 4/4 derniers cris côtoient les ânes et toutes sortes de mobylettes on pilote en slalomant  joyeusement et sans clignotant.

Besoin d’emprunter un sens unique à contre sens ? pas de problème : un coup de klaxon et on passe !

Stops et autre priorité ? connais pas !

La priorité est au plus rapide et au plus gonflé !

Il ne faut pas être émotif quand on se fait conduire ici.

La rue est aussi aux piétons qui s’y promènent très zennement à travers les divers véhicules.

Et faire les courses est un poème qui réjouirait ceux qui prennent leur voiture pour faire 50 mètres : on se gare le plus prés possible du commerçant concerné, on baisse la vitre et on l’appelle pour lui dire ce que l’on veut, il l’amène, on regarde si ça nous convient et si c’est O.K. on paie . Mais quand c’est par exemple le boucher il se fait enguirlander si ça ne plait pas à notre chauffeur/guide et repart changer les morceaux.

Une autre chose amusante : les mobylettes-taxis : il y en a un peu partout qui emmènent un ou parfois deux passagers plus ou moins lourdement chargés. On voit ainsi passer d’étranges chargements.

Cela dit , hormis les coups de klaxons il n’y a pas d’agressivité dans le comportement des gens. C’est plutôt bon enfant. Au pire un chauffeur vient à la hauteur de l’autre et lui explique pourquoi il est pressé.

Nous comptons envoyer à Hicham un de ces klaxons musicaux qui l’aidera à ne pas passer inaperçu.

 

 

 

3- POURQUOI L’ANTI-FOULING METALLISE ?

 

Ibrahim, le plus actif et le plus bavard de nos aides tient souvent d’interminables discours à Randa qui est la seule à le comprendre, et à la vitesse où il parle elle a bien du mérite.

Après avoir repeint les ailerons d’Alcazar avec de l’anti-fouling métallisé, il entreprend de lui expliquer pourquoi celui-ci est plus efficace que les autres qui sont rouges, bleus ou marrons.

Vous l’ignorez ?  Ce serait dommage de ne pas vous donner la réponse :

Les coquillages ne viennent pas sur les coques ainsi recouvertes car ils détestent cette couleur. Ils se promènent dans la mer, voient une surface qui leur paraît sympathique, et viennent pour s’y installer, mais avant ils sont attentifs aux détails et dés qu’ils voient cette couleur métallique, ils s’enfuient à toute vitesse.

Certains abandonnent même leur coquille pour s’enfuir plus rapidement .

C’est mignon non ?

Il vous a fallu moins d’une minute pour lire ces lignes ?

Ibrahim a eu besoin d’une demi heure pour expliquer ça à Randa… je la soupçonne d’avoir abrégé la traduction …hihi

Par Geneviève Tarratre
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:15

En route pour Sharm-el-Scheikh

 

Lundi 10

YEM5-002.jpg  

Nous quittons Al-Hodeida à 11H45 et si on avait écouté Hicham on ne serait parti que l’après-midi.

Joli départ : Randa et Christian à la barre, J.J. à l’amarrage  (enfin au désammarage) et moi derrière la caméra.

Quelques ronds dans l’eau pour repêcher ma casquette qui voulait rester au Yemen et c’est reparti.

Un quart d’heure plus tard un bateau arrive sur nous à toute vitesse et avec de grands signes, avons-nous oublié quelque chose ?  Non c’est Abdallah qui était absent au moment du départ et qui se précipite pour nous dire au-revoir. Lui aussi est très gentil, maintenant qu’il a abandonné l’idée de nous convertir à l’islam. ( Nous l’avons surnommé Abrasraccourcix car il a un peu oublié de grandir)

 

 

 

Mardi 11

 

A 11H45 nous avons parcouru 133 Miles en ligne droite et + de 140 en réel uniquement à la voile. Le bateau marche très bien, mais nous sommes un peu chahutés. Dés le départ et sur les virements de bord, tout valse. Le mal de mer se fait sentir. Christian passe les ¾ de sa nuit dehors et j’assure le quatrième quart. Dans la matinée des dauphins nous accompagnent pendant plus d’une heure et je réussis à en capturer quelques uns … en images.

Aujourd’hui pas de vrais repas. Nous grignotons des biscuits. Personne n’a d’appétit.

En plus depuis la nuit dernière tribord ne démarrait plus pour cause de panne de G.O. ( on avait vérifié tous les niveaux sauf celui là ).On a d’énormes bidons, mais la pompe pour le transvasement nous refuse tout service. Chris doit se résoudre à se laver les dents au G.O. Hélas quand le plein est fait le moteur ne redémarre que pour quelques minutes . Réamorçage quasi-impossible. Au final il doit changer le filtre à G.O. Conclusion le G.O. djiboutien est aussi crado que la ville.

Vers 18H le vent étant très faible et trop à l’arrière et aussi parce que nous arrivons dans les eaux d’Arabie Saoudite, nous affalons les voiles et mettons au moteur, ce qui nous apporte de nombreux bienfaits :

1-     une allure plus confortable où le bateau ne bouge presque plus.

2-     On peut rejoindre et suivre sans dévier la route prévue à l’écart des dangers.

3-     On recharge les batteries

4-     Enfin rassurés par une bonne trajectoire, nous dormirons mieux cette nuit !

Du coup mon anniversaire est oublié : snif !! On le fêtera à Sharm el C heik dans une semaine.

 

Mercredi 12

 

Nuit tranquille : je me suis levée 4 ou 5 fois pour vérifier, mais rien d’important.

J.J et Randa ont enfin pu dormir mieux et Christian aussi. Et si nous avons avancé un peu moins vite, nous avons avancé tout droit donc autant . A 6H on se fait un vrai petit déjeuner et un coup de ménage dans la cuisine.

J’ai oublié un incident hier soir :  Avant d’aller dormir, Randa et moi faisons un tour sur le pont pour admirer les étoiles. Quelques minutes plus tard nous rentrons dans le carré et posons les pieds dans l’eau . J’appelle Mac-Gyver au secours qui me dit de couper la pompe d’eau douce. C’est fait et effectivement un tuyau d’arrivée d’eau à l’évier est débranché. Plus de peur que de mal et voilà un rinçage du carré effectué.

A propos des étoiles : j’avais oublié combien il est agréable de naviguer de nuit , le nez en l’air avec cette impression que c’est le ciel qui bouge . L’air est juste tiède à point c’est le bonheur ! Et de temps en temps une lumière clignote tout la haut : un avion qui vous ignore superbement et voilà le paradoxe entre vous qui utilisez le moyen de transport le plus lent au monde  et eux qui utilisent le plus rapide, mais qui  ne profitent pas des étoiles.

Pendant que j’écris le premier pain du bord est entrain de cuire à la cocotte-minute ( je vous donne la recette quand vous voulez ). On verra dans un petit moment ce qu’il donne, mais nous avons tous faim, donc il sera bon !

On a rajouté le foc au moteur ce qui nous fait gagner 1ND5 environ et ne nous déroute pas

11H15 On fait un vrai repas avec salade en entrée. Le pain n’est pas mal , mais je dois faire un peu moins de pâte car mon moule est assez petit . J’essaierai de faire mieux demain, mais celui ci se  « vend » bien .

Vers 17H on fait d’ailleurs un goûter avec des tartines de pâté.

En début d’après-midi, après cette matinée bien remplie je m’accorde une petite sieste. Je m’installe dans la cabine et comme la mer est assez calme j’ouvre le hublot latéral pour avoir un peu plus d’air. Il n’y a pas 5 mn que je fais za-zen qu’une magnifique vague vient me rafraîchir les idées. C’est un véritable chien mouillé qui ressort de la cabine pour la plus grande joie des autres ( photo) C’est décidé : je ne ferai la sieste à bord  qu’en maillot de bain !! En attendant on dormira dans des draps salés…

Dans l’après-midi on croise d’assez prés un big cargo panaméen .

 

Jeudi 13

 

Nuit calme. On croise quelques cargos, mais de si loin que c’est sans problème.

Réveil de la troupe vers 7H.

Un petit déjeuner roboratif pour JJ qui a terriblement maigri depuis le début de son séjour à Djibouti , mais à 10H il brûle ses calories en hissant la G.V.

Quelques zig zag et on cale Alcazar sur sa trajectoire mais le vent est faible et on n’avance pas beaucoup plus vite .

Il a encore fallu bidouiller le moteur bâbord dont le câble d’accélération ne répondait plus. Malgré tout il ne pousse pas beaucoup. Par contre son hélice est mieux équilibrée que l’autre et il nous pousse sans bruit ni vibration….Des recherches plus approfondies montrent que l’accélérateur n’y est pour rien : c’est le filtre à G.O. qui est aussi sale de voisin de droite .Comme il n’y en plus de rechange Chris tente un nettoyage à l’essence : c’est moyennement concluant.

Le deuxième pain est nettement mieux que le premier ; il a suffit de mettre moins de farine.

La nuit tombe sur une mer hyper calme dans laquelle les dauphins viennent nous voir….. et je me couche avec un terrible mal de gorge sans dîner car je ne peux rien avaler, je me force pour un antibio.

 

Vendredi 14

 

La nuit n’est pas restée calme longtemps. Le vent s’est levé en plein contre nous, et la mer s’est agitée. Donc nous n’avons guère avancé. Et ce matin ça bouge tellement que nous ne prenons même pas de petit déjeuner. Pour moi c’est l’antibio qui en tiendra lieu. On remet les voiles en place avec 2 ris dans la G.V. et on tire un bord au nord-ouest. Avec le vent qu’il y a on ne peut guère faire mieux.

Vers 9H un bâtiment de guerre apparaît derrière nous. Sa route n’étant pas gênante on ne bouge pas. Tout à coup il change de cap et vient vers nous . Que se passe-t-il donc ? On allume la VHF : rien !

Puis à environ 500m de nous il reprend son cap et on aperçoit flotter le drapeau français. Retour sur la VHF. C’est bien notre marine nationale. On s’identifie et ils nous donnent la météo, nous souhaitent bonne route et nous informent de leur présence sur zone pour les 24H à venir. Ils sont en veille sur le canal d’urgence ; en cas de besoin qu’on n’hésite pas à leur faire appel … et s’ils pouvaient nous remorquer jusqu’à Suez  ce serait génial ….

Vers 10H je chauffe l’eau du thé en me cramponnant à la bouilloire. C’est très pratique !  Le menu gastronomique n’est pas à l’ordre du jour .

 

Il paraît que le vent doit faiblir, mais vers 15H il ne donne toujours aucun signe de faiblesse. On a viré de bord et on remonte maintenant au N.E. vers Jeddah.

 

 

Samedi 15 .

 

Vers 15H30 je pensais que j’allais écrire RAS ou presque, à part le mauvais temps qui nous secoue et qui nous humidifie à outrance. Tout est mouillé et poisseux sur le bateau . On tire des bords pas possible, donc on fait beaucoup de route pour peu d’avance.

Comme le rythme est un peu plus acceptable je refais du pain et à midi on déjeune bien : nos derniers concombres et des endives au jambon.

Après déjeuner les hommes gagnent leur cabine pour un repos bien mérité.

Randa et moi restons dans le carré gardant un œil sur la bonne marche du bateau. Je somnole un peu quand Randa me signale qu’on a changé de cap.

Je reprends la barre pour remettre le bateau en ligne mais avec 20 Nds de vent dans le nez ce n’est pas très facile. Je suis obligée de faire faire un tour complet au bateau donc j’empanne… et la sangle de la G.V. lache….SOS Chris….

Pour ressangler la G.V. il faut se mettre face au vent … et c’est là que Randa s’aperçoit que l’enrouleur de foc a un problème : il est entrain de se déboîter.

Chris enlève le foc, remboîte le bidule, mais une vraie réparation s’impose et elle est impossible en pleine mer dans ces conditions.

Bref comme nous sommes pratiquement à la hauteur de Jeddah, nous allons faire un tour en Arabie Saoudite .

Après une longue étude des cartes et des livres maritimes, nous nous dirigeons vers un mouillage prés de l’entrée du port car l’entrée de nuit est impossible et les formalités ont l’air casse-pieds au possible.

On approche doucement , la mer se calme, le vent aussi…

Maintenant : Inch Allah !

 

Et puis après plusieurs essais on réussit à accrocher par VHF la fréquence du port de Jeddah et on les informe de notre problème. Après quelques échanges difficiles en anglais, Randa prend le relais en arabe et les choses s’arrangent comme par miracle.

La capitainerie nous envoie un pilote qui nous guide jusque dans le port et nous installe parmi les autres bateaux pilotes juste au pied de la tour de contrôle.

Quelques minutes plus tard 2 ou 3 policiers ( on ne sait si ce sont des garde cotes ou des douaniers ) viennent à bord. Un petit contrôle des passeports.. Avons nous de l’alcool à bord ? On avoue quelques bières … il n’y a pas grand- chose de plus à vrai dire. Il faut les enfermer dans un placard fermé à clé sur lequel ils poseront des scellés ? On n’a rien de fermé à clé à bord.  Finalement on met tout ça dans le placard des verres et le scellé est posé , c’est juste un papier collant .

 

Ce que je raconte en quelques lignes dure au total plusieurs heures et nous allons nous coucher vers une heure du matin.

 

 

Dimanche 16 mars

 

La première nuit saoudienne a été surprenante par son calme. Pas un bruit sauf le muezzin qui nous réveille comme si le haut parleur était dans le bateau. A vrai dire il n’en n’est pas si loin. Nous verrons un peu plus tard que nous sommes à 150m de la Mosquée du port.

Et la première journée se passe dans une grande activité de nettoyage et de séchage. L’intérieur du bateau est briqué de fond en comble ( enfin plutôt les fonds que les combles en l’occurrence). Randa s’active comme une abeille…il faut dire qu’après ces 5 jours de mer souvent difficiles ou le mal de mer la contraint à l’immobilité, elle a besoin de se dépenser, alors on équilibre l’affaire : elle bosse et je bulle…

Et elle nous prépare un délicieux dîner libanais que nous apprécions au point de ne pas laisser la moindre miette dans les plats.

Toute la journée se passe sans la visite du fameux agent qui doit s’occuper de nos courses et vers 19H enfin quelqu’un vient s’enquérir de nos besoins. Il ira nous chercher ce que nous voulons mais nous ne bougerons pas. Randa demande pourquoi ? Parce que nous n’avons pas de visas ! Qu’a cela ne tienne, on veut bien en faire au moins un pour J.J. qui doit aller en ville chercher du cash.

O.K., mais lui n’est qu’un employé, il va transmettre à son patron qui viendra nous voir . Il nous promet nos courses pour demain matin 10H.

On demande aussi à envoyer notre linge à la laverie ? Demain .

On se couche en attendant toujours la visite de l’agent ..

 

Lundi 17.

 

10H10 : toujours pas d’agent ni d’employé à l’horizon !

Prés de nous un magnifique yacht blanc est amarré. Sans doute la propriété d’un prince saoudien. Son capitaine – un jeune anglais sympathique – vient nous voir et nous propose son aide… et nous dépanne de quelques vis !

 

A 10H25 voilà notre coursier qui revient avec 2 vis et un devis pour le reste du matériel. Il y a des choses qui conviennent , d’autres pas du tout.. L’attente continue.

On n’est pas mal ici et ce serait parfait si on pouvait bouger un peu , mais pour rester scotchés dans le bateau vivement qu’on reparte.

On a décidé de modifier légèrement notre route au profit d’une navigation plus prés des côtes afin de profiter des vents de terre et de naviguer dans des eaux moins agitées et moins profondes donc avec des possibilités de mouillages en cas de nécessité.

Qui dit eaux plus calmes dit bateau qui bouge moins donc plus agréable pour J.J. et Randa qui résistent pourtant avec un courage exceptionnel à ces conditions difficiles. Cela dit  quand ça bouge trop ce n’est agréable pour personne, même si on n’est pas malade.

En attendant nous allons devoir trouver des occupations le temps de notre séjour ici. Vu la technologie fort pointue du secteur j’ai vite regardé si je pouvais avoir une connexion WI-FI ? Il y en a, mais trop faible pour je les capte. Donc vous ne lirez tout ça que plus tard .

Vers 13H notre coursier revient avec 90% du matériel, excepté les fameuses vis de l’enrouleur et sans elles rien n’est fait …Il continue de les chercher .

Il prend notre linge pour la laverie et nous le promet pour demain matin.

L’agent pour le visa est toujours invisible.

A part les vis il nous manque le G.O., mais ce ne devrait pas être un problème en pays producteur. Ainsi bien approvisionnés en G.O. on pourra au pire des cas faire la route au moteur.

Donc on entrevoit l’espoir de partir demain…mais là encore je l’écris en petit.

 

Notre sommeil de nuit comme de sieste est toujours interrompu par le serviteur d’Allah dont la voix est toujours aussi puissante mais d’un agrément variable en fonction du serviteur .

Si vous ne le saviez pas je vous informe que Jeddah est à 40 ou 50 Km de La Mecque ce qui explique la rigueur religieuse du secteur. Ce matin Randa qui était pourtant couverte du cou aux mollets à reçu une remarque du chef policier. Puis vers 17H les messieurs sont invités dans un bureau du port où ils reçoivent un petit cours sur la religion ainsi qu’une brochure et un  livret sur l’Islam. En ce qui concerne notre tenue nous devons être couvertes jusqu’aux poignets et aux chevilles…. Pour les chevilles c’est bon, mais les poignets chez nous et vu

la chaleur sont plutôt légèrement au dessus des coudes, mais apparemment ça va ! Tant mieux car il fait vraiment très chaud et très lourd  et nous ne sortons quasiment pas du bateau…vivement la nuit !!

Puis ces messieurs font des navettes avec les bidons d’eau pour remplir les réservoirs ; l’eau est à volonté mais pas de tuyau pour faire le plein. Et nous profitons sans vergogne de l’eau pour faire la vaisselle et notre toilette sans parcimonie ! On complètera juste avant le départ !

(ne me demandez pas pourquoi cette partie est en gras, c'est l'un des mystères du copier coller que je parviens pas à résoudre. )

 

Mercredi 19 :

Hier matin nous avons récupéré tout notre linge très propre et soigneusement repassé. Nous avons quasiment tout le matériel demandé sauf la fameuse petite vis de l’enrouleur, MAIS nous avons retrouvé une dans les stocks non pillés du bateau . Manque aussi la pompe pour transvaser le G.O. mais il reste l’espoir de la voir arriver.

Plus tard dans la matinée diverses tractations ont eu lieu pour que J.J. aille en ville. L’agent est demeuré invisible et son employé incapable de donner le prix du visa. Au final c’est l’un des policiers responsable du port qui l’emmènera en ville d’où il reviendra muni d’argent de pain et de fruits.

Ce matin à 9H30 l’enrouleur est O.K. et nous nous apprêtons à remonter le foc. Le plein d’eau est fait, nous n’attendons plus que le G.O. pour partir.

Hier nous avons profité de la pause ici pour améliorer l’étanchéité des  hublots avec un peu de silicone afin d’être plus au sec en cas d’arrosage intense du bateau.

A 10H30 le foc est en place mais toujours aucun mouvement concernant le G.O.

La durée d’une heure dans tous ces pays n’est absolument pas la même que chez nous. Donc l’attente continue.

Le vent qui avait disparu hier est de nouveau bien présent et il souffle toujours contre notre route.

Nous sommes impatients de partir car la chaleur ici est intense malgré la saison . Hier nous avions 38° à l’intérieur du bateau

 

12H30 : le G.O arrive, nous avons commandé 300 Litres, ils nous en livre 400 pour 100 Dollars. Dommage que ce soit si loin, on ferait le plein plus souvent, d’autant que ce gas-oil est formidable : presque transparent , léger à souhait et sans odeur : une merveille, qui comme toute chose à son revers : sa légèreté fait qu’on en brûle d’avantage …

15H : faux départ, petit souci assez vite réparé à tribord.

16H 30 : on y va , nos nouveaux amis saoudiens nous disent au revoir.

 

Jeudi 20 – 9H :

 

Première demi-journée de mer depuis Jeddah. Pour l’instant tout aux moteurs , mais petite vitesse car nous avons 20Nds de vent en pleine face. Ce matin le vent tombe à 13, 14 Nds et on gagne en vitesse. Mer formée mais sans plus.

Pour la première fois J.J. et Randa n’ont pas le mal de mer, à tel point qu’ils réclament le dîner : Super !!!

Nuit de veille quand même car de temps à autre le pilote crie au secours. Quelques cargos croisés très au loin puisque notre route est trop proche de la côte pour eux.

Nous avons vu Jeddah toute illuminée s’éloigner lentement dans la nuit = au moins 15 Km de lumières ! et une immense fontaine qui ne fonctionne que lorsque le roi est à Jeddah, ce qui était le cas. On n’a pas vu le roi , mais la fontaine oui… à l’arrivée comme au départ. Elle est magnifique : de loin on dirait la voile d’un bateau !

Exceptionnellement aucun incident technique à signaler : pourvu que ça dure !

A 11H sur le seul moteur tribord on passe à 4Nds de moyenne. C’est mieux !

La mer s’est bien aplatie. Moins de mouvements du bateau, moins d’arrosage, on va jusqu’à ouvrir les hublots.

Les ¾ de l’équipage dorment bien maintenant que ça bouge moins…je vous laisse deviner qui veille ??? HI HI

On mangera quand tout le monde sera réveillé ! ces jours-ci on en est à la cuisine ouvre-boites car il faut bien alléger notre stock de provisions.

Si nous pouvions garder cette vitesse nous serions à Scharm el Scheikh dans 4 jours.

Inch Allah … on ne peut que s’en remettre à lui sous ces latitudes !

A 13H le vent a suffisamment tourné pour qu’on mette les voiles. Après quelques ajustements on marche à 5/6 Nds sans être trop secoués et nous apprécions le silence après 20H de moteur .

 

 

Vendredi 21 – 9H45

L’absence d’incidents techniques aura fait long feu ! à 18 H pour un virement de bord on met tribord en route. Il démarre bien, accélère très bien , mais ne pousse rien du tout ? Les vitesses ne passent pas. Christ démonte le bazar une fois de plus, mais dans l’obscurité il ne peut rien faire.

On verra donc aujourd’hui de quoi il retourne.

A part ça on a bien avancé mais le soir venu après quelques virements de bord le vent a baissé pour tomber totalement vers 4H du matin. Donc on a remis bâbord en route et comme la mer est ultra plate on file un petit 4Nds sans secousses et dans la bonne direction.

Autre incident nocturne : les écoutes de foc ont cassé ! Elles avaient 12 H de service, puisque faites avec du cordage acheté à Jeddah payé 4 fois moins cher qu’en France, mais fabriqué au Pakistan. No comments !

A 10H le vent reprend un peu de tonus : 10 / 11 Nds dans le bon sens, je remets le foc et on gagne 1 ND.
Nous ne sommes plus qu’à 364 Miles de Scharm el Scheikh.

 

 

 

Samedi 22  - 12H50

Et oui , je me réveille tard !

Mais après une nuit pareille c’est un peu normal. Hier en début d’après midi le moteur bâbord siffle un grand coup puis s’arrête. On se dit qu’il a eu chaud et qu’on s’occupera de son cas plus tard, car Christian passe tout l’après-midi a plat ventre dans notre couchette, la tête et les mains dans l’embase pour voir ce qui bloque les vitesses. Il finit par trouver le coupable : une pièce est tombée au fond qui bloque le système .Par chance les pignons sont intacts ! Mais c’est un sacré sport pour récupérer cette p… de pièce ! Il y parvient enfin , la remonte et ça ne marche pas : impossible de passer la marche avant . Je vous épargne les détails , l’aventure dure 4 Heures !

Vers 19 H ( comme chaque fois que la nuit tombe et qu’on s’apprête à dîner ) le vent tourne et on se met à tirer des bords pas possibles, et toute la nuit ce sera le même cirque. Vers 3H du matin , le vent diminue et on essaie de faire tourner tribord pour recharger la batterie de service, mais l’hélice est embrayée en marche arrière et on recule car le vent est trop faible pour compenser.( enfin reculer est un grand mot… on tourne en rond )

Et quand une heure plus tard on veut mettre bâbord en route parce que le vent est complètement tombé : RIEN ! Le bateau est ingérable, impossible de le garder dans une direction. Christ remet son nez dans le moteur gauche et 20 mn plus tard il ronronne : le moteur pas Christian ! Ouf !

On reprend le bon cap avec un petit 4 Nds de moyenne.

A 13H50 nous sommes à 275 Miles de Scharm el Scheikh sur mer ultra-plate !

Et pendant que je dormais Randa a préparé un vrai festin : thon et cœurs de palmiers en salade, poêlée de pommes de terre sautées plus des œufs et abricots au sirop.

Cet après-midi je fais du pain !

La chaleur est terrible, nous avons 39° à l’intérieur du bateau et pas un souffle d’air malgré les hublots ouverts !

 

 

Dimanche 23 – 9H30

 

Et bien pour la première fois nous dépassons les 24 H sans incidents. Hier vers 18H  un petit vent est venu apporter un peu de répit au moteur SANS NOUS DEROUTER . Nous avons même pu dîner tranquilles.

Veille de routine.

A 1H moteur de nouveau. Trajectoire parfaite. La mer s’était légèrement formée sous le vent, mais nous naviguons de nouveau sur un lac.

Deux hirondelles ont tenté de faire une pause sur le bateau mais elles n’ont pas trouvé de perchoir à leur convenance.

La nuit a été tellement humide qu’on aurait cru qu’il pleuvait. Le quart s’est terminé à l’intérieur.

Ce matin des dauphins nous ont rendu visite. Dans cette eau limpide et lisse ils étaient bien visibles et je n’ai pas appuyer sur le bouton pour les filmer, donc j’ai brandi mon appareil pendant 5mn pour des prunes… Grrrrrrr

Je songeais à un bain, mais en admirant les dauphins, nous avons découvert des minuscules méduses par milliers = donc pas de bain !

Pour l’instant il fait un peu moins chaud et une légère brise rafraîchit l’air.

A 10H30 nous sommes à 190 Miles de Scharm el Scheikh .

19H30 plus que 148 Miles.

A part ça R.A.S pour la journée. Je me suis presque ennuyée aujourd’hui !

On s’apprête pour une nuit de veille tranquille et consultant un agenda, on s’aperçoit que c’est Pâques, alors on sort une plaque de chocolat aux noisettes  et éclat d’oranges : un délice !

 

 

Lundi 24  - 10H15

 

Plus que 74 Miles et R.A.S. On continue en ligne droite sur mer calme.

On fait l’inventaire des provisions : on ne devrait manquer de rien d’ici l’arrivée, sur laquelle une moitié de l’équipage est désormais plus optimiste. J.J. pense qu’il y a trop de provisions, mais le voyage n’est pas encore terminé.

Vers 11H on fait une vidange du moteur bâbord, le pauvre travaille depuis bientôt 48 H non-stop et pendant la ½ Heure que dure l’opération, on dérive en silence sur une mer d’huile . C’est très agréable, surtout qu’on ne s’éloigne pas de notre route.

J.J. installe le taud qui nous apporte de l’ombre et un peu de fraîcheur et les deux sont les bienvenus, heureusement que nous ne sommes que fin mars, car en juillet et août ce sont 10 à 15° de plus que nous devrions supporter ! Mais 40° au soleil et 39° à l’ombre ce n’est déjà pas mal .

 

18H : plus que 46 Miles, sans autre incident nous devrions voir le jour se lever sur Scharm el Sckeikh.

 

 

MARDI 25 MARS 2008

 

A 6H30 nous sommes amarrés au quai dans le port de Scharm el Scheikh !

 

Nous aurions pu arriver beaucoup plus tôt, nous apercevions les lumières depuis hier dés la tombée de la nuit, mais les entrées de nuit ne sont pas toujours évidentes , donc nous avons volontairement ralenti l’allure afin d’arriver au lever du jour. Nous sommes dans une anse bien abritée et l’eau est d’une limpidité merveilleuse, on voit tout le fond du port et les poissons.

Des centaines de bateaux moteurs sont là pour la plongée et prés de nous un magnifique 3 mats.

Nous attendons l’arrivée d’un agent pour  les visas.

Seul petit souci : la bouteille de gaz achetée au Yémen ne s’adapte pas au détendeur que nous avons, donc ce matin et tant que l’agent n’est pas là pas de petit déj. 
Nous apprécions le calme aprés toutes ces heures de moteur .

Et là je mets tout ça en ligne depuis un cyber-café où nous sommes au frais, mais pour l'instant impossible de se connecter sur MSN pour faire des coucous à la famille.

Par Geneviève Tarratre
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:13

Nous sommes donc arrivés mardi matin .
Très vite l’agent est arrivé très aimable et très compétent, et sans doute séduit par le fait de dialoguer dans sa langue natale , il se met en quatre pour nous faciliter les choses.
Il nous emmène d’abord tous en ville prendre un thé ou un café – je vous rappelle qu’il n’y a pas eu de petit dej faute de gaz- puis il accompagne Randa et JJ. dans la zone industrielle pour chercher la pièce problématique de l’embase, ou voir ce qu’on peut faire pour elle.


Notre premier achat sera une grande valise,( on se laisse tenter car il y en a partout en vente, même et surtout des copies de marques- mais nous nous en tiendrons à de l’anonyme) car avec toutes les choses achetées au cours de nos escales, nos bagages de départ seront trop justes, surtout que 2 sont H.S..  Puis une  escale prolongée au Cyber-café afin de donner des nouvelles à tout le monde et mettre a jour le blog.

Christian a le plaisir de voir et de parler à ses 2 petites filles, et de souhaiter son premier anniversaire à Valentine.

Nous déjeunons dans un merveilleux restaurant de poissons « FARESE » que je vous recommande chaleureusement si vous venez par ici , car ce joli centre-ville est quand même un joli piège à touristes et ce restaurant ne vous traite pas comme un gogo : le service est parfait, les produits très frais et de grande qualité et les prix affichés scrupuleusement respectés ! C’est plaisant ! Nous sommes dans le Old-Market qui n’a de vieux que le nom !

Le lendemain nous allons visiter le trés beau monastère Sainte Catherine dans le Sinaï et en attendant que je mette les photos, voici un lien pour tout savoir sur le sujet :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Monast%C3%A8re_Sainte-Catherine_du_Sina%C3%AF

C'est vraiment le monument à ne pas rater quand on est ici, sauf qu'il faut bien choisir le véhicule qui vous y conduit, sinon vous reviendrez comme nous avec le dos en vrac, ce qui nous amène à passer deux nuits à l'hôtel! C'est un plaisir de prendre enfin un vrai bain et de bénéficier des toutes les commodités dont nous avons perdu l'habitude. Cela dit c'est quand même un monument qui prouve que les religions peuvent s'accorder puisqu'à l'intérieur du monastère se dresse une mosquée dont vous apercevez le minaret blanc.



Et à droite le buisson ardent















Par Geneviève Tarratre
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:01

Décidément on passe plus de temps à terre qu'en mer.. et le séjour ici va bientôt atteindre les 2 semaines.
La fameuse pièce est partie de Paris, est arrivée hier au Caire, mais aujourd'hui nous sommes vendredi 4 et le vendredi est ferié, donc il est possible qu'elle n'arrive que dimanche au lieu de demain... plus  le temps du remontage en espérant qu'il n'y aura pas de mauvaises surprises. Alors une fois de plus le D de Départ est en point d'interrogation ??
Dimanche? Lundi ?? = Inch Allah !
On tue le temps comme on peut , ce ne sont pas les loisirs qui manquent mais évidemment chacun a un coût et ici les prix pour les touristes sont généralement multipliés par 4. Exemple : une heure au Cyber-Café est à 5 Livres pour un Egyptien et à 20 pour nous ! Avant hier matin, nous prenons un café avant d'aller faire un tour en bateau , quelqu'un devant moi en prend 2 et paie 5 Livres, et à moi, pour 3 cafés exactement similaires, on me demande 45 Livres, je proteste et on transige à 30 ... Ca devient pénible de devoir discuter à chaque fois même si ça fait partie du jeu.

Il y a aussi l'histoire de la plage publique, qui n'est pas publique du tout, puisqu'on nous demande 20 £ par personne même pour une demie-heure.
Bon allez ! quelques photos pour finir sur une note plus gaie.
Christian se baigne enfin dans l'eau claire aprés ses multiples bains dans le gas-oil ... hi hi

Par Geneviève Tarratre
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:00


Nous sommes dimanche soir et toujours aucun signe de vie de notre fameuse pièce qui est coincée par la douane au Caire... L'aurons- nous demain ? Fonctionnera-t-elle ? 
Si oui tout  ira bien, Sinon je ne sais pas ...
 

Lundi 7  Avril 22H ....
Incroyable mais il faut attendre jusqu'à demain pour voir arriver la  pièce ! Elle aura mis moins de 24H pour faire 5 000 Km et 4 jours pour en faire 500 . Il doit y a voir dans tout cela une logique qui nous échappe.
Bon la suite à demain...




et enfin

Mardi 8 Avril :
Il n'aura fallu que 5 jours à la pièce pour venir du Caire, mais enfin ça y est : elle est en place et le système à l'air de fonctionner ...
Les 2 moteurs démarrent au 4 de tour, ( on a eu le temps de les tester )
Les courses sont faites, il ne reste plus qu'à faire le plein d'eau douce, mais là c'est compliqué, il faut une demande en 5 exemplaires signée d'on ne sait quel chef ... j'exagère à peine...
Enfin ... on part demain  on ne sait pas encore à quelle heure mais on part !

 Coucher de soleil sur Sharm el Sheikh..

Rendez vous de Suez ou de Port Said....
Par Geneviève Tarratre
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 15:55

Je dois apprendre à bannir les mots Demain et Départ de mon vocabulaire marin ...
Nous sommes jeudi et nous sommes encore là .
Espèrons que vendredi nous sera favorable ....

Il n'y aura maintenant de nouvelles que lorsque le bateau aura bougé! alors si vous voulez de la lecture , tenez les pouces pour nous !



                           Un des plus beaux promènes-couillons du port ... Goélette sans voiles C dommage !
Par Geneviève Tarratre
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 15:34
 



Partie sud de Sharm el Sheikh.... Plein de nouveaux hotels qui poussent sur le sable du désert ..
                                                 ________________________________

 Avant le départ ( bien avant )

Avant l’arrivée de notre fichue pièce, nous contrôlons le démarrage de nos moteurs : ça marche !

Après la mise en place de la pièce, on redémarre pour vérifier que l’hélice tourne bien en avant et en arrière. Démarrage sans problème à plusieurs reprises jusqu’à minuit . Le lendemain matin nous décidons de refaire un essai et là : aucun des moteurs ne consent à démarrer, les clés de contact ne provoquent aucune réaction… je vous passe les détails, mais Christian passera plus de 8H a chercher l’erreur pour finir par court-circuiter le démarreur puisque les moteurs démarrent en direct.

Le mardi soir nous faisons des mini-essais dans le port , mais il faut attendre le lendemain pour en faire de plus sérieux, puisque là encore il nous faut une autorisation en 5 exemplaires et que les ordres et les contre-ordres fusent , les uns disant qu’on peut y aller, les autres pas ! bref nos essais prouvent le bon fonctionnement de l’hélice, mais le moteur bâbord cale au dernier moment et redémarre quelques minutes après !

Le lendemain matin nous refaisons un essai plus long, plus loin et bâbord continue à caler chaque fois qu’il y a trop de ralenti. Donc au retour Christ diminue un peu le ralenti et change le filtre à gas-oil une fois de plus.

 

 

 

Aprés le départ: 

Nous quittons donc Sharm el Sheikh  samedi matin 12 avril  à 9H30.

Au départ tout va bien , mais quelques  heures plus tard la mer est de plus en plus agitée . Nous passerons 2 jours à avancer comme des tortues, tantôt sous voiles mais toujours avec  les moteurs dont tribord qui nous pousse à peine !

A un moment bâbord  refuse encore de démarrer ! le gas-oil ne lui parvient plus malgré le filtre neuf ! Christ le démarre en mettant un bidon de gas-oil  en direct pour l’alimenter sans passer par le filtre  et ça marche … pendant une vingtaine d’heures … et puis plus rien ! conclusion de notre chef mécano après plusieurs essais : la pompe à injection est H.S. avec tout ce mauvais G.O.

 

A la suite de cette Xème panne le moral de l’équipage en prend un coup !

Il y a crise à bord ce qui peut se comprendre d’autant que le temps est horrible, on est secoué, arrosé et le mal de mer met J.J. et Randa en piteux état ( ils n’ont rien mangé ni presque bu depuis X heures ).

 

Lundi matin à 6H on avance sur tribord qui nous pousse à 1 Nd ½ à peine contre le vent et la houle, impossible de garder le bateau en ligne ! Chris vient à mon secours en refaisant l’opération qui avait réussi de l’autre coté donc alimentation G.O. en direct et voilà le moteur qui se met à tourner comme il n’aurait jamais du cesser de le faire. En quelques instants j’ai une vitesse de 4Nd ½ qui permet au pilote automatique de reprendre du service ( quand le bateau est trop lent ni lui ni personne ne peut garder une direction ).

Nous prions pour que ça tienne jusqu’à Suez.

Hélas vers midi alors que nous prenons un peu de repos, J.J. nous réveille en catastrophe car le moteur fume et sens le brûlé, d’ailleurs il s’arrête.

A première vue rien de catastrophique : juste une durite fichue !  On attend que la fumée se dissipe et on change  la durite en question. Le moteur redémarre mais il y a encore une petite fuite !

Par chance la mer est  hyper calme et même sans vent , ce qui nous laisse sur place au milieu des rails des cargos ! Nous faisons une pause déjeuner après ces journées où Christ et moi avons avalé quelques sandwiches et une ou deux soupes chinoises dans le cockpit pour que l’odeur de la nourriture n’incommode pas nos partenaires qui se demandent comment nous faisons pour bouger dans ces conditions.

 

A 14 H nouveaux essais et là il faut se rendre à l’évidence tribord ne redémarrera pas ! Nous voilà dans de beaux draps ! et il n’y pas de vent ! Nous sommes à une cinquantaine de  miles de Suez !

Un gros bateau , style remorqueur passe prés de nous et devant nos signaux s’arrête : il ne peut nous remorquer pour des raisons de sécurité et de temps ! Le capitaine nous envoie son mécanicien qui a la même conclusion que le notre : la pompe à injection est encrassée ! pardon les pompes !

Conclusion débrouillons nous avec le vent pour gagner l’abri le plus proche !

Facile à dire , il y a 3Nds5 de vent !

Dans notre malheur  nous avons la chance ( vu l’étroitesse de la mer rouge à cet endroit ) que le téléphone fonctionne ! Randa appelle Khalil l’agent qui s’occupe de nous et lui demande ce qu’il y a de plus proche pour nous réfugier ou si quelqu’un peut venir nous remorquer.

Il n’est pas question de passer la nuit ainsi en plein  milieu du rail. Après moults appels et de vaines attentes, il s’avère qu’aucun bateau ne peut venir nous remorquer…

Eole jette un œil miséricordieux sur notre cas et décide souffler un peu plus fort : vers 19 H il y a 7Nds de vent . On hisse la grand-voile et on déroule le foc ! et on part doucement doucement ….dans le mauvais sens , puisque Randa nous a trouvé un abri à l’ouest . Petit à petit on parvient à tourner dans le bon sens et Eole semble avoir une bonté supplémentaire pour nous puisque le vent va monter jusqu’à 16 Nds pour nous permettre de traverser le rail descendant assez rapidement et sitôt que c’est fait à 22 H , il retombe et il nous faudra 4 H de plus pour parcourir les  6 miles qui nous restent ! A  2 H du matin nous sommes enfin à l’abri dans une petite baie : Marsa Telmet !

Mardi nous dormons un peu plus tard – jusqu’à 8H – ( première nuit tranquille depuis celle de vendredi à samedi ) et nous découvrons à notre réveil que nous sommes à peu prés au milieu de nulle part ! En effet il n’y a que quelques baraquements assez austères à l’horizon et semble-t-il un quai.

Vers 10 H rien n’ayant bougé Randa se remet à appeler les différentes personnes qui sont sensées nous venir en aide et l’attente continue.  

A midi il n’y a toujours rien de nouveau, sauf que nous savons que les bâtiments en face de nous sont une base militaire ! Un commandant a téléphoné à Randa et lui dit que nous pouvons aller nous amarrer sur le quai de la base et si on nous demande quelque chose : dire que nous avons l’aval de je ne sais quel général !

Donc acte, on remonte l’ancre, on remet les voiles et avec encore 6Nd de vent on y va . Nous avons environ un kilomètre à faire .Encore une fois départ dans le mauvais sens mais on n’a pas le choix … puis on vire et on y va encore tout doucement mais en l’occurrence c’est aussi bien de ne pas arriver trop vite prés du quai puisque nous n’avons aucun moteur pour faire marche arrière. Les hommes sont prés l’un à enrouler le foc l’autre à descendre la grand-voile afin d’arriver en douceur . On y parvient nickel !  une fois de plus Eole est de notre coté ! Nous le remercions du fond du cœur ce  Dieu souffleur !

Moins de 5 minutes après notre arrivée les militaires arrivent et quelques instants plus tard repartent avec Randa ( quelle chance pour nous tous d’avoir une telle interprète )  

Un moment plus tard un jeune revient avec des bouteilles d’eau et un mot de Randa nous demandant les passeports et le carnet du bateau .

Les palabres vont durer jusqu’à plus de 15 H mais tout va bien ! nous aurons toute l’aide dont nous avons besoin… et à 17 H arrivent un capitaine plus un général et deux mécaniciens qui ont l’air de bien connaître leur affaire.

A 20 H ( à l’heure où j’écris ) les travaux se poursuivent !

  

Nous allons donc passer quelques jours dans ce quasi-désert et sans même un cyber-café à l’horizon ! donc quand vous lirez ces nouvelles c’est que nous aurons avancé  mais à l’heure qu’il est je me demande comment nous allons le faire : en bateau ? en avion ? à pied peut-être … par rapport au bateau, la marche à pied serait sans doute plus rapide quoique … comme disait un auteur marin le déplacement en bateau est lent , mais le bateau avance 24H sur 24. Nous si nous avançons 8H sur 24 à pied ce serait déjà extraordinaire !

 

Cela dit nous aurons battu un record de lenteur depuis Sharm en particulier et depuis Djibouti en général.

 

20H40 : A notre plus grande surprise tribord démarre ! Yessssssssssssss !!!!

 

L’affaire est donc moins désespérée que nous commencions à le penser !

 

A 22H30 nos mécaniciens nous quittent .

Depuis 20 H le vent est monté passant de 8 Nds à 27 en quelques minutes accompagné d’une forte houle et le bateau est secoué assez violemment. Nous dînons enfin vers 11H puis nous allons nous coucher fortement « bercés » par ce coquin d’Eole qui soit n’est pas satisfait de mes compliments précédents soit se déchaîne  de joie ! Nous sommes assez fatigués pour dormir quand même.

 

Mercredi à 7H nous sommes à peine debout depuis 5 mn que surgit le commandant des marines accompagné de 6 ou 7 de ses hommes  pour déplacer le bateau de l’autre coté du quai afin que nous soyons protégés du vent. Bonne idée mais qui ne va pas sans mal car le vent est encore plus fort qu’hier soir. L’affaire dure un peu plus d’une heure mais nous parvenons à prendre le petit déjeuner en restant stable et c’est parti pour les tasses de café et de thé afin d’abreuver nos hôtes si aimables. Le sens de l’hospitalité n’est pas un vain mot pour nous non plus !

A peine avons nous fini qu’arrive l’équipe des mécaniciens accompagnés du capitaine et du général.

 

***Nous avons quelques explications sur cette base qui s’étend sur une dizaine de kilomètres carrés et qui comprend d’une part les marines ( les bleus) et d’autre part les gardes-côtes /gendarmes maritimes ( les treillis kakis) et eux tous veillent attentivement sur cette portion de côte sur laquelle essaient d’aborder tous les trafiquants possibles ( en effet une importante route longe la cote à cet endroit et toutes les drogues possibles passent par là … ou essaient ) Un bleu veille toute la nuit sur le quai fusil-mitrailleur en bandoulière et il arme dés que quelque chose bouge – nous étions étonnés hier de le voir brandir son arme à l’approche de pêcheurs du coin - . Quant aux kakis ils patrouillent de nuit le long de la côte avec un chameau silencieux pour bloquer tout débarquement clandestin.

Donc le garde armé n’était pas là pour nous garder ainsi que nous en avions pris l’habitude depuis le Yémen,  mais pour faire son travail ordinaire***

 

A 11H20 les travaux se poursuivent , on en est à la permutation des électro-aimants. De toutes façons vu les prévisions météo – vent à 40 Nds et creux de 4 mètres ou plus – nous ne prendrons pas la mer rapidement puisque les prévisions sont pour toute la journée de demain.

 

A 16H il semble qu’il n’y ait pas que la durite de fichue mais bel et bien le joint de culasse (on s’en doutait un peu car ce moteur fumait blanc depuis déjà pas mal de temps) .

20 mn plus tard s’agissant de contacter quelqu’un pour obtenir un éclaté du moteur, on découvre qu’ici il n’y a ni téléphone (sauf les mobiles) ni fax ni bien sur internet.

Comment faisaient-ils il y a 10 ans puisqu’il n’y avait pas de mobiles ? des signaux de fumée ???  Heu ... il y a 10 ans il n'y avait pas de base militaire... lol

Les mécaniciens sont venus de prés de Suez  (Mina Adabîya) et nous allons donc aller jusque la-bas à la voile et au moteur ….. dés que la météo sera plus favorable car avec le vent actuel dans le nez il ne faut même pas y penser !

 

Jeudi 17

Le vent est toujours aussi fort et nous avons un bémol au bon accueil de nos marines :

1 ) Leur facture est aussi salée que la mer rouge : 1 600$  et la réparation n’est pas finie

2 ) Ils réclament aussi 100 $ par jour pour rester le long de leur quai !

 

Welcome ! Le sourire et l' eau nous sont facturés au prix fort !

 

Nous faisons la constatation que ce pays est très riche et plein de ressources entre le pétrole, le gaz, le tourisme avec la plongée et les sites archéologiques, l’agriculture et cependant cette richesse ne profite pas du tout à la population.

Combien vont gagner les mécaniciens pour ce travail inhabituel et leur déplacement ? Sûrement pas 100$ !

 

Les jeunes vendeurs avec qui nous avons sympathisé à Sharm el Sheikh nous expliquaient qu’ils venaient travailler ici ( 2 mois de travail non-stop à 15 H par jour suivis de 3 semaines de repos) pour de meilleurs salaires. L’un deux était professeur d’anglais dans son village et gagnait 200£ ( environ 25€) par mois.

Devenu vendeur il a commencé à 700 £ et gagne maintenant 2 200 £ , ce dont il est plutôt content, mais espère monter encore.  

Et cependant dés qu’ils vous trouvent sympa ces vendeurs vous offrent à boire chaque fois que vous passez, vous font des cadeaux si vous venez plusieurs fois.

( Nous avons autant de papyrus offerts qu’achetés et nous sommes repus de jus de citrons et de thé )

On comprend mieux qu’il y ait un prix des produits pour eux et un autre pour nous ! – j’aurais pas du rouspéter sans savoir -

Alors futurs touristes en Egypte, si vous voulez rapporter des souvenirs à bon prix trouvez-vous un guide ( que vous n’oublierez pas de remercier à hauteur de son aide ) et qui vous divisera par 4 au moins les prix que vous obtiendriez après bien des marchandages.

 

***Au fait à propos de tous ces jeunes gens : Leurs conditions de salaire leur rend quasi impossible le mariage avec une Egyptienne car la famille de la mariée exige de l’or : collier, bague, bracelet, boucles d’oreilles,  pour un joli montant et le marié doit en plus disposer d’un appartement parfaitement meublé et équipé en électroménager, ce qui est quasi impossible avec ces salaires là, ou bien dans 20 ans en se serrant la ceinture pendant ces 20 années.

Alors la solution est d’épouser une étrangère . et tous demandent si nous avons des sœurs, des filles ou si nous connaissons des jolies jeunes femmes qui aimeraient vivre au soleil ? ( Nous avons rencontré la-bas quelques Ukrainiennes et une Suisse )

Alors avis … Tous ces jeunes gens parlent anglais, italien et russe et certains sont chrétiens (coptes).

On pourrait monter une agence matrimoniale ??? hi hi

 

Sur ce on attend que le vent tombe pour reprendre la route… et je vais faire un peu de rangement en préparant la dernière valise achetée dans laquelle je vais entasser tous les souvenirs accumulés depuis le Yémen avec en premier le cadeau offert par les enfants.

 

Jeudi en début d’après-midi le commandant de la base revient nous voir et accepte de revoir sa facture à la baisse – avec accord du général contacté par un autre biais – Pour les travaux c’est non négociable car ce sont les tarifs militaires avec le déplacement de 5 personnes sur 2 journées , mais les jours de «stationnement » nous sont offerts.

Nous apprenons que les bateaux qui viennent charger le pétrole paient 100$ de l’heure…d’ailleurs comme ce sont toujours les mêmes et qu’ils passent régulièrement ils paient au mois.

Puis une voiture est commandée pour emmener JJ et Randa chercher de l’argent, car ces braves militaires n’ont même pas un véhicule en permanence à leur disposition. Dés leur retour ils paient et nos passeports nous sont rendus.

Ensuite le commandant nous quitte pour ses congés mensuels et familiaux.

 

A 20H arrive son adjoint le gentil et souriant Haani, il partage notre dîner puis nous invite au foyer pour une soirée télé… Super, c’est pas que ça nous manquait beaucoup mais l'idée d'avoir quelques nouvelles de la France nous réjouit puisque nous devrions pouvoir regarder une chaîne française : il capte effectivement France24 qui va nous donner 2H d’info en anglais… Nous irons faire un tour sur la 5 pour visionner «La traversée de Paris » suivie de quelques navets avant d’avoir la version française des infos à minuit. Nous passons quand même une excellente soirée avec des fruits frais joliment découpés. J.J. Chris et moi regardons la télé, pendant que Randa fait la conversation à notre hôte.

 

vendredi 18 avril

 

A 7H30 on jette œil dehors , le vent est encore à plus de 20 Nds mais la mer est bien calmée. A 9H on petit déjeune avec l’impression que le vent est bien tombé, et les instruments confirment que nous n’avons plus que 12 Nds faiblissants… Super, on remballe la vaisselle, on dénoue les amarres – et dieu sait qu’il y en a et à 10H15 on vogue vers Mina Wadi Doum ( port Wadi Doum)

C’est un nouveau port à mi-chemin de Suez dans lequel nos réparations devraient être exécutée sans problème et il y a à peu prés tout ce dont nous aurons besoin en matière de produits frais et de communications.

Nous n’avons plus l’ombre d’un légume ni d’un fruit et nous sommes en panne de lait .
Mais nous ne sommes pas encore au bord de la famine 

Vendredi à 20H50 nous sommes amarrés dans le port de WadiDoum .

C'est un port sorti du désert - pour ne pas dire du néant - avec une jolie petite ville autour mais au niveau de la ville rien n'est terminé. Sont opérationnels : 2 hotels, 2 banques, et quelques restaurants dont un nommé " La Bouillabaisse " en souvenir de Marseille visité par le propriétaire. Quand ce sera fini ce sera formidable, mais ça ne l'est pas. La Bouillabaisse nous autorise trés aimablement à utiliser sa connexion internet car il n'y a pas encore de cyber-café et pas de boutiques non plus !

Aujourd'hui samedi à presque 16H les mécaniciens ont bien travaillé et aprés avoir démonté le moteur sont partis à Suez chercher les pièces défaillantes. Donc demain nous verrons ce qu'il en est..


Merci à tous ceux qui nous laissent des commentaires... Laissez en encore plus c'est un plaisir de les découvrir... Je répondrai à chacun personnellement dés que nous seront rentrés. Ici je ne peux décemment abuser de la connexion.
Par Geneviève Tarratre
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