Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:46





Alcazar-copie-2.jpg  Voici ALCAZAR

 

Ce catamaran est le N°1 des Antigua, sorti des chantiers Fountaine-Pajot en 1991. 
Nous ( je vais nous présenter un peu plus loin ) en étions propriétaires de 95 à début 
2007   et  nous avons fait quelques belles ballades à son bord , notamment La Trinité  La Réunion en 97/98.

La Mer Rouge figure déjà à notre actif dans le sens Nord Sud et lors de notre premier passage en 98 j'avais la conviction de la "remonter" un jour , ce sera bientôt chose faite.

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                   Et voici l'équipage : 

                       



Je   m 'appelle Geneviève, j'ai bientôt 59 ans que je fêterai sans doute en Méditerrannée, ou au Liban ... 
A bord du bateau , je suis le coq : c'est moi qui cuisine et je ne chipote pas  car le moral de l'équipage est fortement lié au bon remplissage de son estomac. 
( Je suis un animal bizarre car je suis aussi la poule du capitaine .. hihi )
Avant le départ il faut gérer les stocks afin de ne manquer de rien pendant la quinzaine de jours où nous ne toucherons pas terre , en sachant que l'approvisionnement en Egypte est assez moyen, donc prévisions maximales..



undefined  Voici Christian le Capitaine
Il a 63 ans et navigue depuis prés de 50 ans, donc il sait faire. 
Il pourrait être le grand-frère de Mac Gyver ce qui est très très utile en mer, je dirai même vital.















Dimanche matin ...
Dans 24 H nous serons à l'aéroport de Marseille  et lundi à 22 H nous atterrissons à Djibouti .
Alcazar nous attend hors de l'eau afin de vérifier l'état de la carène, les hélices, les embases bref tout ce qui nous permettra de naviguer en toute sécurité, car nous ignorons ce qu'a subi le bateau pendant sa remontée de l'Océan Indien.
Puis il faudra lui installer ses belles voiles neuves ( merci Pascal ) afin qu'il retrouve son élégance naturelle ( il y aura des photos ).
Et viendra le moment de l'avitaillement ce qui n'est pas une mince affaire , mais comme je suis la reine des listes ça ira.
En tous cas nous allons rester au minimum une semaine à Djibouti avant le départ pour Suez et son canal..
Attention Djibouti : Madame Commando arrive !!! je donnerai l'explication de cette énigme à la prochaine connexion Djiboutienne , sans doute mardi .


Vous retrouvez de nombreuses photos du voyage ici :link

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Par Geneviève Tarratre
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:44

Mardi 5 février 2008

1er jour à Djibouti

 

Hier nous avons quitté la maison sous un orage terrible  avec d’importantes chutes de grêle, ce qui nous a valu quelques retards sur la route jusqu’à Marseille…

Vol  très agréable sur Yemenia Airlines ; sauf qu’on est déjà dans les horaires africains : autrement dit pas précisément à l’heure !

Atterrissage à Djibouti une bonne heure plus tard que prévue !

Et puis encore du temps pour les visas … Bref nous sortons vers minuit.

Jean-Jacques et Randa nous réceptionnent  et nous nous arrêtons dans un très joli restaurant : juste prendre un verre car il est trop tard pour dîner.

Nous  grignoterons à bord avant cette première nuit à bord qui sera plus que brève puisque qu’il est 3 H et qu’il faut se lever à 5 pour déplacer le bateau vers une zone d’échouage afin de le caréner et de voir ce qu’il en est des embases et des hélices.…

Alcazar a été pillé à un point que nous n’imaginions pas, jusqu’au, matériel de cuisine le plus élémentaire , donc tout à revoir avant de partir. Je vais devoir faire un inventaire pour racheter l’indispensable.

Je pars à l’aéroport récupérer un sac que nous avons oublié,  puis en ville avec Randa.

 

 

Mercredi 6 février 2008

 

C’est toujours le même cirque pour faire les courses, il faut aller dans les 3 magasins de la ville pour arriver à réunir ce dont on a besoin.

Ce matin j’ai enfin mis la main sur une cocotte minute petit modèle mais qui nous rendra de grands services.

Le carénage est quasi terminé à 15H.

Reste à vérifier le refroidissement du moteur tribord, et nous pourrons certainement retourner dans le port ce soir …car notre emplacement actuel est peu accessible …Il faut d’abord marcher dans la boue puis escalader un tas de cailloux pour arriver sur la route. Le retour est  rock’n roll  quand on est chargées de courses.

Quoique on a souvent de l’aide …. Moyennant quelques pièces….

 

Les choses avancent cependant à un bon rythme et nous allons organiser l’avitaillement sans perdre de temps afin de pouvoir filer dés que tout est prêt .

Ah si dernière chose qui pose problème : l’achat d’une bouteille de gaz , ce ne sont pas les mêmes détendeurs que les bouteilles françaises et il n’y a pas moyen de faire remplir les nôtres… donc le cas échéant on changera le tout si on veut pouvoir faire fonctionner le frigo pour avoir un peu de boisson fraîche et quelques bricoles pas fondues en 2 jours .

 

J’espère que ce soir je réussirais à aller sur le blog afin de le mettre à jour , hier soir ce fut mission impossible !

 

Vendredi 8 . 9H

Le dimanche d’ici ; autrement dit pas trop de boulot par les ouvriers locaux. Et nous sommes toujours sur le sable …

Une mauvaise surprise après quelques bonnes : l’inverseur du moteur tribord nous reste dans les mains : les clavettes qui le maintiennent ont disparu ; elles seraient tombées des mains du mécano et ont été remplacées par on sait quoi qui aura tenu 10 mn .
Au 2ème passage marche avant/marche arrière = ciao !

En bref on va rester sur le sable encore un jour de plus . 

Résumé des bonnes nouvelles : 

-         Carénage et petites réparations de coques = O.K.

-         Embases vidangées, huile changée = pas de fuites = TRES BONNE NOUVELLE !!!

-         Filet solidement fixé : on peut marcher dessus sans risque

-         Poutre de liaison sécurisée

-         Pompe eau de mer mise en place : ce qui nous a permis de nettoyer Alcazar hier soir : il reprend de l’allure ! 

Autre nouvelle ennuyeuse : la tête de baume n’est pas réparée comme prévu, donc on ne peut monter la grand-voile .

En conclusion une question = Pourrons-nous partir lundi ????

 

Pour l’heure nous attendons l’un de nos taxis favoris pour aller faire du remplissage de courses. On est a sec d’eau aussi bien pour boire que pour se laver . La partie lavage se remplit, et nous apporteront les bouteilles .

 

Hier nous nous sommes faits grugés en beauté : un pêcheur sympathique nous propose du calamar frais pêché . Il nous amène la bête qui est sensée peser 2kg, ce qui me semble surestimé, et nous vend le tout pour 5000 Francs Djibouti soit environ 25€. Ça nous paraît bien cher mais on finit par accepter . Ce matin on apprend qu’il y en avait pour 500 F à tout casser car les Djiboutiens ne mangent pas les calamars – qui sont des seiches – ils en récupèrent les os . Et quelques minutes plus tard voilà notre ami qui nous interpelle ( il avait trouvé les bons pigeons ) pour nous proposer de l’espadon voilier à 1000 F le kilo – ce qui n’est pas cher – sauf qu’il vend la bête entière … Jean-Jacques parle alors de police et la troupe disparaît en un clin d’œil !

 

15 H

Bonnes courses ce matin. 
Un bon quart de l’avitaillement est rangé à bord . 
Je viens de revoir mes listes et mes calculs sachant qu’en Egypte on ne trouvera que du frais et quelques conserves incertaines. Donc je dois prévoir 30 jours de mer soit 60 repas pour 4. Je tiens à la disposition de ceux qui le souhaite la liste de ce que nous embraquerons, sachant que nous ne disposons que d’ un mini frigo – inactif pour l’instant – et que nous n’avons pas de four, donc adieu gratins, quiches, rôtis et gâteaux ! Il va falloir improviser.

 

Cet après-midi pas grand-chose à faire , on va aller au cyber-café et j’espère mettre en ligne toute l’histoire .

 

A part ça , à chaque nouvel examen du bateau on découvre de nouvelles dégradations ou vols. La dernière du jour : le système d’évacuation de la douche a été entièrement démonté , y compris l’interrupteur ….
mais on nous a laissé la pompe qui a grillé faute d’être nettoyée.

Les voleurs ont été bien consciencieux, triant soigneusement ce qui les intéressait et démontant tout proprement !  
Là avec l’histoire de la douche Jean-Jacques et Randa nous trouvaient fort négligeant d’avoir laissé le système dans un tel état ….

Car notre skipper/pirate reconnaissait que certaines choses avaient été volées – les plus évidentes , celles achetées par Jean-Jacques notamment comme le groupe électrogène et le moteur de l’annexe ! Il faisait l’impasse sur le reste : 
du matériel de cuisine ?     Non il n’y avait rien ! 
Ce qu’ils avaient vu à bord lors de leur séjour nous avait été prêté  disait-il et avant que le bateau quitte St Pierre chacun était venu reprendre son bien….  
Tous ceux qui connaissent un tanti soit peu mes cuisines  n’auraient jamais pu gobé ça , mais là il jouait sur de velours. Donc plus de cocotte-minute, plus de poêle, ni de sauteuse, encore moins de casseroles, ni de bocaux, ni assiettes et autres tasses et verres …. Il est arrivé avec 2 assiettes , une tasse un verre et 2 minuscules marmites , mais sans doute suffisamment d’alcool et de chichon pour ne pas s’inquiéter de manger .

Il suffit de lire les quelques pages du livre de bord qu’il a remplies pour constater le délire du loustic …. Mais assez parlé de cet abruti...........
.... quoique je me lache un petit coup : 
Que le cul lui pèle jusqu’à la 4ème génération et qu’il ait les bras trop courts pour se gratter !!!      Hi Hi  
( Maud comprendra, au fait heureusement qu'elle n'est pas partie sur le bateau)

 

Alors comment se changer les idées ???

En traçant la route du retour par exemple .

Randa a un GPS fabuleux qui nous indique le moindre cailloux.

Nous envisageons d’aller d’abord au Yemen faire une mini escale  à Al hudaydah pour faire le plein de gaz afin de faire fonctionner notre frigo .

Randa est impatiente que nous soyons en mer afin de faire le lézard à l’avant du bateau puisqu’au port c’est impossible, alors on fera sans doute une première escale baignade/plongée sur l’île Moucha tout prés d’ici .


Dimanche10 Février

16h 30

 

Décidément c’est la plus petite pièce ( celle de l’inverseur ) qui cause des problèmes inversement proportionnels à sa taille. Jean-Jacques et Christian ont passé 4H à arpenter Djibouti en tous sens pour en faire fabriquer une = mission impossible . Puis Jean-Jacques a fini par retrouver des pièces à peu prés convenables qui devraient être en place dans un petit moment . Dés que c’est fait on peut retourner dans le port au lieu de rester sur le « sable « 

Ensuite il faudra installer la grand-voile, mais auparavant il faut lui fabriquer des lazzy-jacks, les précédents ayant disparu !

 

Triple bonne nouvelle : nous avons une bouteille de gaz djiboutienne et son détendeur ce qui entraîne 3 bonnes choses :

-         le frigo fonctionne

-         des aliments frais pour 2ou 3 jours au départ

-         pas besoin de faire escale au Yemen . Nous nous sommes renseignés sur les formalités et c’est très compliqué , nous pourrons donc filer directement sur l’Egypte.

Aujourd’hui la température est fortement remontée 36° dans le bateau encore maintenant .

Nos coffres sont remplis de provisions à ras-bord : on ne devrait pas dépérir d’ici l’arrivée  et il paraît qu’on peut se réapprovisionner sans problème en Egypte …ce qui reste à voir !

On peut raisonnablement espérer partir mercredi matin , mais avant le départ il faut passer par la case « Police aux frontières «  pour les visas de sortie puis faire la clearance pour le bateau et embarquer les derniers produits frais….

 

Ici la spécificité locale est la longueur de temps : ce qui prend une heure chez nous dure facilement 3H ici , bref nous quitterons Djibouti sans regret surtout Randa et Jean-Jacques qui en seront à leur 100ème jour ici .

 

lundi 11 février 2008

9H

 

L’inverseur est correctement installé, nous attendons que l’eau soit suffisamment haute pour retourner dans le port .

La Grand-voile sera à sa place dans quelques heures.

La check-liste des dernières courses est prête et nous allons foncer en ville dés que le bateau sera à sa place .

Nous avons aussi la corvée d’eau à assurer avant de partir = remplissage des différents réservoirs et des bidons + eau de source pour la boisson .

 

Une étude attentive des cartes marines nous montre qu’au départ de Port Said il nous faudra seulement 4 à 5 jours pour arriver au Liban , et encore parce que nous ne pouvons y aller en ligne droite ce qui nous ferait passer trop prés d’Israël.

Donc  il y aura une petite quinzaine sans nouvelles , peut-être moins si les vents sont favorables et que nous fassions escale  à Safaga … Il y aurait un port de plaisance maintenant  … je mets ça au conditionnel car j’ai quelques doutes sur les ports de plaisance Africains quant on voit celui d’ici .

Pas de sanitaires, pas d’eau ni d’électricité sur les quais , seule le tarif  est à la hauteur d’un port de plaisance !!! 
Ah j’oubliais il y a un gardien , mais il faut sans arrêt lui graisser la patte et il ne garde pas grand chose puisque je le vois presque tout le temps dormir.  
Si l’on veut être en sécurité il faut entretenir un gardien supplémentaire à bord du bateau , ça s’appelle un « chouf » !

Maintenant que nous sommes 4 c’est bon , mais hier par exemple comme Christian est allé en ville , Randa est restée à bord  pendant que je faisais les courses , afin de ne pas laisser le bateau seul ( surtout maintenant que les coffres sont pleins de provisions et que tout le monde nous a vu ramener nos courses ) .

Après la période mer rouge , pendant le séjour en Egypte je pourrais faire une mise à jour du blog ,( j’en écrirai un peu tous les jours) puis comptons au max une nouvelle semaine de silence et vous connaîtrez la fin du film… avec libations libanaises !!!

 

12H45

J’ai dit un peu trop vite que les moteurs tournaient comme des horloges… en fait ils tournent MAIS la pompe tribord ne refroidit rien du tout . Nous sommes à notre place dans le port et voilà plus d’une heure que Christian travaille dessus et ce n’est pas fini !

Au fait j’ai menti tout à l’heure : il y a  des sanitaires  sur le port, mais personne n’y entre : on ne tentera donc pas l’aventure .

 

18H30

Tout un après-midi de bidouillage pour Christian, de nettoyage pour nous : la pompe fonctionnera peut-être dans quelques instants : heureusement que Jean-Jacques est conservateur, il a gardé l’ancienne= avec les 2  Chris en crée une nouvelle et ….. ça ne marche pas !!!!

Un point positif :  le bateau est propre , car sur l’emplacement précédent outre la boue dont nous le tartinions en montant à bord , il se couvrait de poussière , il nous aura fallu deux heures de nettoyage à grande eau pour  le rendre présentable  et nous nous promettons de le nettoyer encore mieux quand nous serons en pleine mer et que nous aurons une eau plus limpide !

 

20H

On y croyait plus  et miracle : ça marche , on ne compte plus le nombre de montages, démontages,  remontages .... à la douche ... à table , au dodo et demain on monte la voile ....
Yessssssssssssss


Mardi 15H

La grand-voile est à sa place  toute belle ! Merci Pascal .... 
C'est une vraie merveille , et les nouveaux coulisseaux sont extraordinaires,  elle monte sans peine,  encore merci et bravo à Delta-Voiles ( pub gratuite ) lol !

Donc si nous parvenons à boucler les formalités demain avant midi nous pourrons partir un peu plus tard . Si ce n'est pas fini il faudra attendre le lendemain car l'administration n'est ouverte que le matin .. inch allah ...

S'il n'y a plus rien sur le blog dans les jours qui suivent C'est que nous serons partis ...

 

 

 


Par Geneviève Tarratre
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:41

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas . 
Ce matin nous avons entrepris de faire nos visas de sortie donc visite à la police .... qui nous renvoie vers la police aux frontières  à la capitainerie du port . Enfin quand je dis nous renvoie : pour Christian et moi pas de problèmes, pour Jean-Jacques et Randa  c'est plus compliqué car ils ont dépassé la date de validité de leurs visas et il faut tout recommencer . Depuis 9H30 au poste de police ils auront leurs visas à 13H.  Patience patience ... 

Nous retournons au bateau et continuons les travaux  et les rangements .
Demain matin nous allons tous à la capitainerie, puis faire les dernières courses et nous nous mettrons en route dés que possible même si c'est le soir car il est hors de commencer un voyage en bateau un vendredi ! superstition de marin dont j'ignore l'origine mais que nous respectons .

Donc ceci est probablement mon dernier message pour les 15 jours à venir !

Par Geneviève Tarratre
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:39

 Au début j’ai dit que Djibouti n’avait pas changé, c’est que je n’avais pas tout vu 

Si le centre ville est resté le même , la ville s’est considérablement agrandie, gagnant sur la mer à certains endroits.

Elle dispose maintenant de quartiers numérotés et de plusieures routes goudronnées. Les immeubles poussent comme des champignons et de nombreux magasins voient le jour.

Un très grand marché reste ouvert tard le soir . Pour ce qu’on a vu, on y trouve de tout … des chaussures aux bouquins en passant par l’électronique.( rectif pour les bouquins : seul le coran et quelques thèmes religieux ont droit de cité sur ces étalages…mais certains ont des traductions françaises ou anglaises )

 

Le port de commerce – géré par Dubaï depuis plus d’un an - est devenu immense, très actif et de plus en plus structuré. A tel point que Dubaï doit prendre aussi prochainement en main l’aéroport, ce qui devrait avoir pour conséquence d’améliorer cet endroit qui est d’une laideur et d’une saleté impressionnantes .

Et malgré tout , il y a toujours et partout des bidonvilles comme on n’en imagine pas et comme aucun reportage n’en montre jamais. A proximité de cet immense port un aussi  immense bidonville est  caché par des toiles kaki ( super-camping) et entre deux écarts de toile on aperçoit …la misère … Hier matin une fillette est venue me demander de l’argent et comme je n’avais pas une centime sur moi , je lui ai donné un stylo. Quand un peu plus tard je suis repassée prés d’elle , cette mignonne m’avait fait un dessin … Je l’ai remerciée d’un bisou en regrettant de ne pouvoir lui donner un billet ou une boite de gâteaux.

Dans une autre partie de la ville les miséreux campent dans une zone au milieu de laquelle  passe un petit ruisseau qui sert de poubelle à ciel ouvert. La puanteur qui en résulte est inique .

Et chaque matin le vent nous en offre les effluves.

 

Quant au port de pêche , qui sert aussi de port de plaisance, il fourmille d’activité le matin au retour des bateaux. De nombreuses femmes sont là pour acheter le poisson qu’elles revendront dans la journée… et tout cela se passe au milieu de cris et d’âpres discussions dont on peut tirer une conclusion : la marchande de poisson Djiboutienne a une aussi grande gueule que sa collègue parisienne !!!

Il faut savoir qu’à Djibouti tous les commerces sont tenus par les femmes. Du reste l’épouse du Président donne l’exemple en dirigeant le commerce le plus lucratif du pays : celui du kat .

On broute ferme en pays Djiboutien et les quelques uns qui ne broutent pas sont carrément des raretés .

Au fait j’ai goûté le kat : enfin une demi-feuille en connaître le goût ? =  c’est très acceptable ; quant à vous en décrire les effets … impossible vu la dose testée ..et ma curiosité n’ira pas plus loin !

Autre détail : la ville et le port sont pleins de corneilles, dont certaines ont élu domicile sur les bateaux qui ne bougent pas. Et j’ai de nombreuses prises de bec avec celle qui veut squatter le bateau … J’ai fini par découvrir le cri qui la fait fuir … je vous le ferai quand je vous reverrai … hihi .

A part ça il y a de nombreux et beaux oiseaux : hérons ( il y aura une photo ) pélicans,  flamants roses et divers autres échassiers, plus bien sur tout ce que l’on peut compter comme mouettes.

Et enfin une trés belle réalisation vue ce soir : le palace hotel Kempinski , un 5* dont vous verrez prochainement quelques photos, une vraie merveille !
Et dans quelques mois entre cet hotel et la cité militaire voisine il y aura : une vraie marina ! Alcazar est arrivé un an trop tôt à Djibouti !

 

 

 

 

Par Geneviève Tarratre
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:35

Clearance et visas = un moment inoubliable 

 

Depuis 1 an ½ que Dubai gère le port de commerce l’entrée en est presque mieux gardée que le palais présidentiel .

Pour y entrer il faut d’abord passer par un poste d’entrée payant, 500 FD par personne. Le problème est qu’ils veulent garder nos passeports en garantie. On explique que nous en avons besoin pour faire les visas de sortie = NON , allez faire la clearance puis revenez chercher vos passeports et retournez les faire viser – sauf que la capitainerie et la police sont à 2 bons kilomètres de l’entrée . On demande à voir le chef auquel on réexplique  notre problème . Finalement il a pitié – ou il comprend – et nous donne nos passeports contre une autre pièce d’identité.

Munis de nos badges électroniques nous nous présentons au portillon et là nous nous faisons refouler par le gardien : il faut que nous soyons équipés d’un gilet de chantier jaune fluo – vendu à l’entrée pour 1000 FD (la pièce) . Obligatoire : pas de gilet = pas d’entrée.

Négociation impossible avec le vendeur de gilet : on a beau plaider qu’on le rend en sortant dans moins d’une heure s’il nous fait un prix = l’animal est intraitable le prix est le prix , donc on paie , on s’habille et on passe ….

( dés que je peux je vous mets les photos ) Nous sommes beaux comme des dockers …

Longue marche dans la poussière et sous le soleil avec des panneaux amusants le long des hangars = interdiction de dormir ici ???

Et finalement la fameuse clearance est établie en un quart d’heure à peine , quant aux passeports ils sont tamponnés en moins d’une minute ce qui est un exploit !

L’ami Domenico ( L’ELECTRICIEN de Djibouti ) étant là, nous regagnons la sortie en voiture.  Ouf voilà une bonne chose de faite !

De plus ce charmant Monsieur nous a fait confectionner les drapeaux des pays que nous allons longer, car c’est une chose introuvable ici !

Merci à lui !

Retour au bateau !

Un déjeuner délicieux et roboratif : filet de bœuf ultra-tendre sauce au poivre accompagné de petits pois et carottes. Fromage fruits et café ! puis sieste  bien méritée ! 

Voilà bien une chose que nous regretterons c’est cette excellente viande d’une tendresse fabuleuse et si peu coûteuse puisqu’elle coûte moins de 15€ le kilo .

 

Finalement nous resterons encore demain : d’une part pour ne pas entamer le voyage un vendredi , d’autre part pour que J.Jacques puisse régler quelques affaires avant 2 semaines de « silence radio ».

Et à l’heure où je tape parce que nous n’avons pu régler les derniers frais de port, le bureau étant exceptionnellement fermé cet aprem et ne sera ouvert que samedi matin à 6H, donc départ vers 7 ou 8H …

Jean-Jacques et Randa auront passé 102 jours ici !

 

 

 

15 HEURES AVANT LE DEPART

Vendredi 15 février 16h.

 

Nous nous apprêtons à faire une ultime ballade terrestre en pays Djiboutien avant de prendre la mer demain matin, histoire de nous dégourdir les jambes.

Les messieurs terminent leur sieste car ils ont bien travaillé ce matin…

La survie a regagné sa place ! et tout ce qui devait être rangé est rangé. 

Alcazar est tellement chargé que sa ligne de flottaison a sérieusement baissé, mais il est bien équilibré.( nous partons avec prés de 600litres d’eau douce + 120 l en bouteilles et je ne parle pas du gas-oil, de l’essence et des provisions)

Nos dernières courses du matin ( fruits et légumes) sont en place !

Je crois que nous n’aurons plus beaucoup d’achats à faire d’ici l’arrivée, excepté quelques produits frais en Egypte … Et si je gère bien nous pourrons manger une petite salade chaque jour jusqu’à Suez ! Lheureusement qu’on a de l’aide pour tout amener à bord.

Mais là plus de place pour un œuf…. J’exagère à peine !!!

 


A l'heure où je mets ce texte en ligne nous avons pris un verre devant le coucher de soleil dans un magnifique hotel : le premier 5* du pays ( voir l'article suivant) , nous avons mangé une pizza à l'hotel Ali Sabieh qui a hébergé J.J. et Randa au début de leur séjour ici, puis un petit tour au cyber café et en route pour notre dernière nuit Djiboutienne.

Bon ce coup-ci je vous dis au revoir et rendez-vous dans 15 jours !

Et je nous souhaite bon vent !!!!e bonheur … comme nous avons fait celui de quelques marchandes de primeurs ce matin au marché, elles ont été si contentes que nous avons eu des cadeaux en plus de nos achats ,

Par Geneviève Tarratre
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:32
Samedi 16 H
Si je suis au cyber-café devant l'ordi c'est que nous ne sommes pas encore partis, voici pourquoi :


Samedi 16 février 8H

 

Nous sommes réveillés depuis 6H30 et presque prêts à partir.

Le pont est nickel, plus rien dessus , plus rien sur les filières…Eau douce pleine à ras-bord…tout à l’air d’être à sa place … inch allah on verra bien ce qui valdingue par gros temps,   mais j’ai demandé à Eole de nous donner juste ce qu’il faut de vent pour bien avancer.

Jean Jacques est parti régler les derniers frais de port et informer  la gendarmerie maritime de notre départ.

Dés son retour on monte l'annexe sur ses bossoirs et en route pour Tadjoura avant de se frotter à la vraie Mer Rouge. 
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Petite anecdote :

Derrière Tadjoura dans les monts Goda se trouve un village nommé RANDA … et oui ! c’est aussi une station thermale.

Lors de son premier voyage ici J.J. parlait souvent de son épouse en citant son prénom et bien vite on lui a dit qu’un village s’appelait  RANDA.

Donc quand ils sont revenus ensemble Randa est  allée visiter son village homonyme !
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Le chef de port et nos deux « choufs » chefs viennent nous dire au revoir.

 

 

 9H = le moteur tribord refuse de démarrer , il s’avère que le démarreur est H.S.

9H30 = Christian est attelé au démontage du démarreur, espérons que dans une demi-heure d’ici nous serons en route.

 

 

En attendant je vous donne un petit cours de géographie aussi  scolaire que local :

« Le golfe de Tadjoura pénètre le pays d’est en ouest sur une longueur de 80 km. Il est prolongé par le Ghoubet-el-kharab. Il est dominé au Nord et au Sud par de hautes montagnes. Les massifs montagneux recouvrent une grande partie  du pays et leur altitude est moyennement élevée.

Le point culminant de la république de Djibouti est le Moussa Ali = 2021 mètres.

Les autres montagnes sont :

Au nord : les monts Goda, Mabla et Garba
Au sud : Ali-Sabieh et Arta

Djibouti compte 380 km de côtes du ras Doumeïra à Loyada.
Le golfe de Tadjoura communique avec la Mer Rouge au nord par le détroit de Bab el Mandeb et avec l'Océan Indien au sud par le golfe d'Aden.

La mer rouge est trés fortement salée avec un taux de sel de 44grammes par litre"  contre 36 gr/litre pour La Réunion 
( bonjour à Dominique ex-paludière de St-Leu )

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10 H :

Le démarreur est remonté  et Chris s’aperçoit qu’il a oublié de remettre en place le séparateur du lanceur ,  il démonte encore

 

10H 15 : ça ne marche toujours pas !

10H30 : avec un deuxième vieux démarreur il essaie d'en faire un neuf , rien à faire !

12 H : Tribord démarre enfin avec le démarreur de babord..

12H30: Babord ne démarre plus et le démarreur vide la batterie ! 
C'est donc bien lui qui débloque et qui depuis des mois vide les batteries avec persévérance : 7 battteries en 7 mois ..

13H : remise à l'eau de l'annexe pour aller à terre ramener le matériel HS chez notre dépanneur !

13H 15 : on déjeûne !

Dés 15H30 J.Jacques ira porter le démarreur chez Domenico et il achètera un serre-joint afin que dans le pire des cas ( celui où l'on ne pourrait ni remplacer ni réparer cette saloperie ) on puisse quand même mettre le 2ème moteur en route ... Ne me demandez pas comment , moi mon domaine est plus dans la
cuisine que dans la mécanique.
 
Et voilà pourquoi je suis ici maintenant .
Au fait hier soir les connexions étaient si mauvaises que mes grognements ont entraîné la gratuité de la soirée !!!

Par Geneviève Tarratre
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:31

D comme Dimanche, Dernier jour à Djibouti, Départ ???

 

Dimanche c’est sûr ! et pour l’heure (10H30) les autres D sont en point d’interrogation.

 

Sur le gaz un petit curry bœuf/coco mijote en embaumant le bateau…

Quelques gouttes de pluie cette nuit et des nuages ce matin : Le ciel veut-il enfin bénir et arroser notre départ ?

Nous attendons le retour à bord de Jean-Jacques avec un démarreur valide.

Tribord tourne depuis une heure  et les batteries se chargent correctement.

L’eau douce est remise à niveau, le plein de glaçons est fait, et nous aimerions beaucoup déguster notre curry en mer .

Je suis impatiente de rajouter la ligne qui indiquera l’heure du départ …

 

12H45

Jean-Jacques apparaît enfin , sans Démarreur mais avec  un peu de Désespoir…

Je vous avais dit que c’était la journée des D, j’avais oublié Demain !

Je contacte Doménico  (encore un D)  par téléphone car J.J. n’avait pu le joindre, et il dit que nous aurons le démarreur dans l’après-midi, donc pas avant 17H, j’imagine …

Conclusion DEPART DEMAIN.

 

Quoi qu’il en soit, je ne mets plus les pieds au cyber-café avant la prochaine escale. Demain cela fera notre deuxième semaine ici , il n’est pas question d’en entamer une troisième !

 

17H30
J.J. et Randa partent téléphoner pour savoir où en sont les 2 D ( Domenico et le Démarreur ) Ils ont emportés les numéros de téléphone de tous les garages au cas où.

 

18H10

Ils reviennent munis du précieux démarreur et nous surprennent ….à boire un thé ; donc  goûter général avec pain perdu. ( on a besoin de réconfort après cette journée Démoralisante )

 

18H40 :

Remise en place du Démarreur

 

19H30 :  ça tourne !!!

 

Ce qui est dit est dit pour cloturer la série des D :

DEPART DEMAIN DES 8H

 

 

 

 

lundi 18 février 2008

 

7H : Petit déjeuner un peu hâtif !

 

7H45 :

-         Les derniers bidons d’eau douce sont remplis.

-         L’annexe est remontée

-         La vaisselle est faite et rangée – les autres jours nous la laissions tranquillement sécher dehors. Là il faut tout ranger pour éviter les chutes.

 

Le ciel est très gris ce matin et le vent plus fort que d’habitude. L’éolienne siffle comme un chat en colère .

Les hommes  resserrent les dernières manilles et divers autres bidules.

Nous n’attendons plus que la glace pour mettre les moteurs en route et lever l’ancre.

 

8H20 :  On part enfin sous les au-revoir de tous ceux qui sont sur le port et qui saluent Jean-Jacques et Randa.

 

9H40 : Vent incertain autour de 8 à 12 Nœuds. Toutes voiles dehors on file vers Tadjoura à 6 Nds en moyenne, donc plus vite qu’au moteur.

Il faut maintenant que nos estomacs s’habituent au mouvement de la mer et du bateau.

Djibouti ville s’éloigne …à notre vitesse

 

10 H : Des pointes de vitesse à 7Nds. Les nouvelles voiles sont vraiment fantastiques. Avec les anciennes nous faisions environ 1/3 de la vitesse du vent , avec celles-ci nous arrivons à un peu plus de la moitié, ce qui représente un gain considérable. Encore mille merci et un grand bravo à Pascal et à Delta-Voiles.

 

11H10 : Une mouette fatiguée ou paresseuse vient se poser à 50 cm de moi sur le bateau. Gênée par le vent elle va s’envoler pour se poser dans l’annexe.

 

12 H : Nous serons amarrés dans quelques minutes au quai de Tadjoura ….la mouette est toujours là.

On accoste le long d’un petit quai où une foule d’enfants nous attendent. Ils nous ont vu venir de loin.

Nous aurons donc un chouf et 2 guides ( 1 pour les hommes 1 pour les femmes).

Nous partons vers l’autre bout du village  déjeuner dans un joli restaurant en bord de mer, dans lequel J.Jacques et Randa ont déjà eu le plaisir de manger. Nous y faisons une excellent repas ( filet de bœuf et frites, puisqu’il n’y aura pas de frites pendant plusieurs semaines) . Nous avons là aussi des moineaux de compagnie qui viennent picorer le pain au ras de nos assiettes. Il y a aussi de ravissants petits oiseaux jaunes trop vifs pour être pris en photo.

Il fait très chaud avec un soleil qui tape dur !

Ce matin j’ai barré une bonne heure et j’ai pris un gentil coup de soleil que j’ai peaufiné sur la route du restaurant : une couche à l’aller , une seconde au retour et à l’arrivée…. une couche de biafine.

 

16H : Retour à bord et en route direction Obock où nous passerons la nuit.

Juste avant d’embarquer nous avons assisté à l’arrivée du kat . On avait traversé un village calme et même un peu léthargique et à mesure que l’on approche du port une grande animation se crée. Petite foule sur la jetée avec beaucoup de femmes. La vedette arrive et la foire d’empoigne commence mais elle est assez brève. Chacune des dealeuses attrape son sac au vol et se dirige vers son point de vente .

On verra ce que donne le film, mais je n’ai pas pu m’approcher comme j’aurai voulu de peur de plonger à l’eau ( pour moi ce n’est pas grave, mais l’appareil photo n’est pas étanche ).

 

Tadjoura – la ville blanche – très jolie sur sa partie littorale, offre un curieux mélange de maisons assez coquettes et de cases vraiment très pauvres, et beaucoup de constructions en cours. Il y a cependant moins de misère  et de pauvreté qu’à Djibouti…donc moins de mendicité. Il faut dire qu’ici il y a de l’eau et des cultures  …et partout des chèvres, des dromadaires et des zébus.

 

La suite demain …

 

 

Mardi 19 février 2008

 

10H

Nous naviguons depuis ½ Heure vers Obock. Nous avons passé la nuit sur un mouillage dans la baie d’Huan car hier dans l’après-midi, le moteur tribord nous a lachement abandonné. On pensait d’abord à un problème d’arrivée de G.O. mais il s’avère que c’est l’électro-aimant qui est H.S. et comme le peu de vent qu’il y avait nous arrivait dans le nez, on a décidé de trouver un mouillage tranquille pour la nuit, car la troupe était fatiguée de cette première journée de navigation.

La côte face à nous est assez désertique et montagneuse , avec  une forêt de je ne sais quoi  ( on dirait des flamboyants ). Nous apercevons 2 dromadaires dans la colline et un homme sur la plage .

L’eau est limpide , avec quelques petites patates de corail et des poissons multicolores. Alors sitôt que nous avons fini d’astiquer Alcazar à l’eau de mer, j’attrape mon masque et mon tuba et plouf  dans 1m50 d’une eau qui doit bien être à 28° = le bonheur ! Il y a des platax, des demoiselles et plein d’autres poissons dont j’ignore le nom, mais tous plus beaux les uns que les autres…

Je profite aussi de ma plongée pour voir comment est positionnée l’ancre ? Réponse elle a disparu dans le grand bleu.
En effet nous sommes sur un espèce de plateau avec de très petites profondeurs et en moins de 10 mètres ça plonge d’un seul coup à 70 m et plus ( selon le sondeur ) qui ne sait pas compter plus. Les sommets sur terre montrent bien que nous sommes dans une zone volcanique.

 

Aujourd’hui je me suis équipée anti-soleil ( visage crémé, épaules protégées) je vais essayer de mettre les jambes en harmonie avec le reste sans brûler plus la peau qui est déjà bien rouge … Je pense ne pas avoir besoin de fond de teint d’ici quelques temps .

 

Au niveau des incidents il faut aussi réparer le pilote automatique  et /ou son branchement. 

Il y a eu tant et tant de doigts dans les câblages électriques que c’est vraiment le B….l !

Christian s’arrache les cheveux !

Pour le moment J.J. est à la barre ce qui est la meilleure place pour lui faire oublier son mal de mer .

Christian essaie de bidouiller l’électro-aimant ..

 

12H15

Un joli troupeau de dauphins vient cabrioler autour du bateau pendant au moins 20 mn . C’est un bien joli spectacle , mais ces bestioles sont comme les oiseaux jaunes d’hier : trop vifs pour les photos et nous sommes si fascinés que nous ne pensons même pas à filmer , mais on vous promet un film pour leur prochaine visite …

Et J.J. nous installe un taud afin que nous ne grillions pas en barrant.

 

 

14H30

Nous bullons Chris et moi sur les coussins du carré, J.J. dans sa couchette et Randa est à la barre depuis 10mn environ quand le moteur se met à crier au secours.

On se précipité, on regarde de quoi il se plaint , pensant qu’il manque peut-être d’huile , comme il a beaucoup tourné … et on a la surprise de trouver la cale moteur bâbord ( souvenez-vous y a plus que lui qui fonctionne) pleine d’eau !  Vraisemblablement une durite . On branche une pompe qui vide à la fois la cale et … la batterie. Quand on veut remettre en route pour identifier la fuite : macache !

Mac Gyver ne se démonte pas : il démonte l’électro-aimant de bâbord, le remonte à tribord et vroum vroum c’est reparti !!

Comme il tourne mieux que son jumeaux on gagne un nœud de vitesse !

Enfin avant  de partir on s’accorde 5 mn pour un petit bain rafraîchissant, car un séjour dans la cale moteur vaut un sauna !

 

17H : un petit miracle : le pilote automatique consent à fonctionner. Depuis hier matin impossible de le mettre en route. Mais après tous les bidouillages et révisions … il fait son boulot .

Sans lui , je nous voyais mal barrer 24H sur 24  et donc mal barrés !!!

 

19H15 : Entrée dans l’avant port d’Obock .

Comme il fait trop nuit pour aller plus loin on s’amarre sur la première tonne venue , elle est pleine de mouettes qui la prennent pour leur poulailler et nous en avons l’odeur . On met assez long de bout pour éloigner le poulailler…

 

Demain matin on s’avancera plus dans le port pour aller faire un tour dans le patelin voir si un garagiste n’aurait pas notre fameux électro-aimant , on va quand même plus vite avec 2 moteurs.

 

 

Mercredi 20

 

A 10H nous quittons sans être allés à terre car des pêcheurs nous disent qu’on ne trouve RIEN à Obock. Ils proposent de nous amener de l’eau douce , mais nous en avons suffisament.

Donc nous remontons vers le nord en attendant de pouvoir changer de cap pour bénéficier d’un vent plus favorable. Là il nous freine car on l’a en plein dans le nez .

Le taud est royalement installé nous sommes comme des pachas.

 

11H30  On double Ras Bir sous un ciel nuageux.

11H45  On hisse les voiles, ce qui nous permet de filer 5 Nd au lieu de 3 à peine.

13H : le vent est à 12 ND et il a l’air de monter … on va rattraper notre retard.

 

En fin de journée on devrait atteindre le détroit de Bab el Mandeb et demain nous devrions voir le jour  se lever sur les côtes d’Erythrée.

 

13H30 Le vent est passé à 15Nd, nous à 6 avec léger changement de cap.

 

15H25  Mise à l’eau du rapala

15H30 Dîner du soir assuré par un joli petit thon banane de 2 kg environ.

 

16 H  On a le vent vraiment trop dans le nez ce qui nous oblige à des bords carrés …. Ingérable = moteur … Tribord est bruyant et puant. Pour le bruit on y peut rien, pour l’odeur on peut car il y a une légère fuite de G.O. que Christian répare vers 20H perdant ainsi sa lampe frontale ….à fond de cale.

 

Cette première nuit en mer inquiète un peu JJ et Randa d’autant que la mer est fort agitée dans le détroit. On avance quand même .

 

Jeudi 21

5H30  Nous sommes à quelques encablures de la frontière d’Erythrée, la mer est plus calme . P.A. garde son cap depuis minuit sans broncher, alors qu’avant il criait au secours toutes les 5 minutes tellement la houle, le courant et le vent étaient forts.

Il y a là une petite île : Doumeïra , couverte de sable et qui crée un abri , nous mouillons entre la rive et l’île afin de prendre un moment de repos : un mini petit déj et tout le monde au dodo.

 

13H30 : Nous nous apprêtons à lever l’ancre après quelques petits bricolages sur le bateau et un déjeuner que tout le monde a mangé de bon appétit (J.J. n’avait avalé que des pommes depuis hier matin ) .

Grosses difficultés pour remonter l’ancre… elle est accrochée à un morceaux de rocher …

Pendant que les hommes bataillent avec l’ancre, des dauphins nous donnent un petit ballet mais ne s’approchent car ils sont à la poursuite de leur casse-croute.

14H : On est parti… l’itinéraire retour se dessine par le chemin des écoliers et nous en profitons pour découvrir une infinie variété de paysages … dont vous profiterez bientôt .

 

Vendredi 22 février

 

6H30 Le jour se lève alors que nous laissons à bâbord Jabal Zugar Island ( Yemen ). Nous avons traversé la mer rouge en suivant le rail des cargos. Le P.A. a bien tenu tout l’après midi mais le soir venu il n’a plus voulu travailler et Chris a barré presque toute la nuit avec un vent arrière chiant et des empannages à tout va. Tant d’empannages que nous cassons une latte.

Avec un ris dans la grand-voile et un petit quart du foc nous filons à plus de 6 Nds. On a bien marché , mais on s’est fait copieusement arrosé et les cabines sont trempées. Si on veut dormir au sec il ne reste que le carré. On file sur Al Hudaïdah au Yemen ( prononcer Alou-day-da)

12H Vent jusqu’à 20Nd depuis hier 16H. Vitesse moyenne à 7Nd

12H30 : 21 Nds de vent = 8 Nds de vitesse avec 7/8 du foc et toujours 1 ris .

14H30 : Sandwiches à bord car ça bouge trop pour cuisiner.

14H50 : Virement de bord pour aller vers Al Hudaïdah port de pêche (Inch-Allah)… mais au moins une nuit tranquille en perspective.

Dés l’arrivée nous pourrons faire sécher nos affaires mouillées et salées..

 

 

17H30 : Bienvenue au Yemen où nous faisons une arrivée remarquable et remarquée 

 

Nous sommes face au port de pêche de Al Hudaydah à  moins d’1/2 mile. Je réveille tout le monde. La ville paraît très grande et très moderne. Moteur . On enroule le foc et on affale la G.Voile et là : problème = le moteur tourne bien mais ne pousse plus du tout le bateau. Avons-nous perdu l’hélice ? Est-elle bloquée ?? On ne peut le savoir et la rive est trop proche et sans abri pour se mettre à l’ancre. On remet le foc et on s’éloigne pour repérer l’entrée du port. 

Une barque s’approche de nous … ce sont les gardes côtes.

Nous leur expliquons notre problème ( heureusement que Randa est là comme interprète ) et après quelques coups de téléphone une 2ème barque arrive avec la police maritime. Ils montent à bord. Un très jeune et très sympathique nous sourit et comme il parle anglais , je lui redis quel est notre problème et sa réponse est merveilleuse : maintenant que nous sommes là nous n’avons plus de problème . Qu’Allah l’entende !

Les 2 barques nous prennent en remorque, ce qui n’est pas facile car la houle est très forte ! L’un de nos sauveteurs tombe à l’eau et manque être écrasé entre les 2 bateaux, mais tout s’arrange !

Le gentil Mohammed est avec nous sur Alcazar pour examiner nos passeports.

Nous allons doucement vers l’entrée du port. La plus petite des 2 barques nous guide très adroitement . Les gardes-cotes et policiers qui sont à bord nous assurent que nous trouverons tout ce avons besoin en ville , y compris un mécanicien si nécessaire.

On arrive dans le port en talonnant à l’entrée car la marée est au plus bas. Dégagement habile de notre guide puis accostage un peu rock’n’roll avec accrochage de l’éolienne dans un boutre. Rien de cassé sauf le support de l’éolienne … ouf !

Le quai est noir de monde… qui nous regarde comme des martiens ce que nous sommes sans doute un peu à leurs yeux, au moins ceux des pêcheurs …

L’un des gardes-côtes – Hicham – part en ville avec Randa et Christian faire les papiers et acheter l’electro-aimant afin de pouvoir faire fonctionner le 2ème moteur.

Pendant ce temps je fais la vaisselle sous des centaines de regards curieux, mais amicaux.

Quelques uns de nos sauveteurs viennent voir ce dont nous avons besoin et l’un deux part nous chercher des ampoules électriques…. Il nous en ramène 4 dont une éco pour 5 dollars… super !

Hicham, Randa et Christian reviennent avec des laisser-passer et le fameux électro-aimant déniché en quelques instants et pour 40 USD ( la même pièce nous avait coûté 150 € à la Réunion ) vive le Yemen.

Nous remercions nos hôtes de leur aide et leur bon accueil et nous dînons tranquillement, puis dodo tranquille car nous bénéficions d’un service de garde policière . Nous sommes traités comme des ministres en visite ! C’est inattendu et bien agréable .

 

Samedi :

 

Nous allons prendre notre petit déjeuner quand Hicham vient nous inviter à un petit déjeûner de poissons dans un restaurant voisin. 
Bien que ce soit tout prés il nous y conduit en voiture. 
Et là c'est extraordinaire : tout d'abord grand sourire d'accueil du patron, puis on s'installe à une table recouverte de journaux, sur laquelle arrivent aussitôt : des bouteilles d'eau , des verres, des petites coupes de sauces diverses et trés bonnes , des grandes galettes (on dirait de la pate à pizza ) toutes chaudes et jetées sur la table , puis des poissons grillés : 2 énormes mérous et un plus petit de variété inconnue, et tout ça se mange avec les doigts. 
Heureusement il y a aussi un gros paquet de serviettes en papier .
Tout est délicieux !
Le chef d'Hicham nous rejoint et nous apprenons qu'Hicham est délégué à notre garde et il va se révèler un véritable ange gardien toute la journée.
Aprés ce petit déjeuner aussi excellent qu'inattendu on ramène les messieurs au bateau et Randa et moi partons en ville. D'abord passage à laverie pour laver et sécher nos affaires pleines de sel, puis  à la banque pour se munir de Ryals. Et petit tour dans les magasins, on y trouve des merveilles à des prix stupéfiants ... enfin pour nous !  De trés jolies chaussures à 7€, des tissus fabuleux, et la liste serait trop longue. 
Toutes les 1/2H , le chef d'Hicham l'appelle au téléphone pour savoir si tout va bien , si nous sommes satisfaites, si rien ne nous manque... et dans tous les magasins où nous passont Hicham discute les prix pour nous et mets spontanément la main à la poche pour faire l'appoint, ce qui nous surprend beaucoup, nous gêne encore plus . Nous proposons d'offrir un cadeau à son épouse : Non ! elle serait jalouse , à son enfant : même réponse! à lui ? pas question ! 
Une seule chose compte : notre satisfaction ! 
L'heure du déjeuner arrive , on revient chercher ces messieurs et notre guide nous emmène dans un autre restaurant que celui du matin ou nous dégustons des salades ainsi que du poulet et du poisson frit avec encore des sauces excellentes ainsi que du riz aux épices trés parfumé.
L'aprés midi se passe en courses diverses et visite de la ville. Christian fait l'acquisition d'un poignard local avec la ceinture qui va avec ( il en rêvait depuis prés de 10 ans car il en avait vu à Oman ) vous aurez bientôt les photos qui vaudront mieux qu'une longue description. Et J.J. s'habille en Yéménite la jupe et la coiffure , ce qui lui va trés bien ( là aussi les photos s'imposent ) .
Naturellement le soir nous sommes invités à diner et on réussit enfin à ce qu'il nous laisse payer le restaurant .
Jamais nous n'imaginions qu'une panne nous amènerait à rencontrer une population aussi accueillante. 
Hicham nous dit que son attitude est normale , que cela fait partie de l'hospitalité naturelle au Yemen, et encore en ville ce n'est rien , à la campagne c'est encore mieux ???
Je pense que nous nous faisions une fausse idée du Yemen , pour dire vrai nous n'avions jamais envisagé d'y venir en vacances, sauf peut-être aprés avoir lu la brochure dans l'avion, mais sans trop de conviction. Là nous sommes conquis !
Au fait l'hélice ne tournait plus car un bout était coincé dedans . Mais il a du faire plus de dégats que prévu car elle ne propulse toujours pas le bateau. De plongée en démontage Chris devrait finir par en venir à bout.
A l'heure où je tape ( dimanche 13H ) J.J. et Randa sont à la recherche d'hélices tripales pour une meilleure propulsion...
Et tout à l'heure si tout va bien en route pour la montagne.

Par Geneviève Tarratre
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:28

Séjour au Yemen

 

Dimanche 24 février 2008

 

Journée assez tranquille pour nous les femmes. Un moment au cyber-café pour moi  …( ça rame autant qu’à Djibouti ) Recherche de diverses pièces pour les hommes et quelques plongées sur les hélices pour Christian.

En fin d’après-midi on réussit à acheter des cartes postales.

On commence à reconnaître la ville à force de la parcourir en tous sens.

Pas loin du port une curiosité naturelle : une bande de sable reste asséchée au milieu de la mer quelque que soit la hauteur de marée.. Des voitures s’y promènent ( photos ) et nous y faisons un tour sous les lumières du soir .

On reçoit à bord un ingénieur qui regarde notre histoire d’inverseur et d’hélices et J.J. commande des hélices tripales qui nous permettront d’avancer bien plus vite. Elles seront fabriquées ici en quelques heures – enfin 2 ou 3 jours, pour un coût assez bas. L’ingénieur  se met au boulot …

 

 

Mardi 26

 

Hier journée exceptionnelle.

 

La journée commence par un bonjour français : Cathy en visite au Yemen avec un guide est attirée sur le port par le drapeau français et vient nous saluer… ça fait rudement plaisir d’avoir un nouvel interlocuteur qui parle notre langue…

( A l’heure où je tape ce texte , nous aurons le lendemain un couple de Parisiens avec qui nous déjeunerons : Dominique et Alain et ce matin un groupe d’Italiens)

 

Hicham nous emmène visiter son village . Tout d’abord il vient nous chercher en tenue militaire, puis nous faisons une escale à son domicile pour qu’il s’habille en tenue traditionnelle : robe blanche et poignard d’apparat . Son adjoint qui nous accompagne car il est d’un village voisin est lui aussi revêtu de ses plus beaux atours.

Avant d’entamer cette longue route (250 Km) Hicham achète pour nous  des bouteilles d’eau et de délicieux gâteaux secs , il est toujours d’une attention et d’une prévenance absolues.

Nous partons donc à l’ouest en direction de Sana’a la capitale…petit détail la sortie de la ville est gardée militairement ??? contrôle de la circulation des étrangers.. ???

Le long de la route des zones désertiques alternent avec des zones cultivées… dés qu’un puit est creusé  tout pousse .

Après 70 km environ nous virons à droite vers le sud et les montagnes .

A partir de là toutes les pentes sont aménagées en espaliers pour créer des zones de cultures dont certaines font à peine un mètre de large sur les zones les plus abruptes. Les paysages sont grandioses  comme en témoignent les photos que j’espère vous montrer très vite !  La quantité de cailloux déblayés et empilés est aussi incalculable que les heures de travail que cela a demandé. On n’imagine même pas quand ces travaux ont commencé.

 

Dans plusieurs villages que nous traversons se tiennent des marchés locaux dont les couleurs sont un régal pour les yeux ( là aussi il y a festival de photos à venir- j’ai mitraillé par la vitre en roulant et le résultat est super : merci Canon)

 

Et soit par goût de l’isolement soit par sécurité sur chaque sommet aussi inaccessible qu’il paraisse se dresse une habitation . Certaines doivent n’avoir pour seul voisinage que l’aigle royale que nous aurons le privilège d’admirer et de photographier.

Dans le vieux village que nous visitons ( un autre plus ancien et plus haut perché que celui d’Hicham ) certaines maisons sont construites sur de minuscules plate-formes naturelles bordées – si l’on peut dire – d’a-pics vertigineux. Je demande à l’un de nos escorteurs si les petits enfants ne tombent jamais ? Il prétend que non . Il est vrai qu’à les voir sauter comme des cabris de cailloux en cailloux on les sent familiers du terrain.

Le village où n’arrive pas encore l’électricité est desservi par une piste qu’il vaut mieux emprunter en 4.4. mais ses ruelles ne seront jamais accessibles aux voitures : ce sont des sortes d’escaliers étroits dont le passage est réservé aux hommes, aux chèvres et aux ânes…..et aux femmes aussi qui portent des charges comme des mules !

Les hommes du village – petits et grands – nous suivent dans toute notre visite du village et nous ne verrons aucune femme. Nous bénéficions d’un spectacle naturel d’une beauté exceptionnelle, et eux d’une animation non moins exceptionnelle !

Une seule chose nuit à ces décors grandioses : le plastique = sacs, bouteilles, packs divers : yena partout ! On comprend qu’il n’y ait pas de services de voirie dans ces coins perdus, mais c’est dommage de dévaloriser ces merveilleux paysages ! sans parler de l’impact  au plan écologique . Dans les villages  plus proches des  routes il semble y avoir un début de ramassage des déchets, mais ce doit être récent car des quantités impressionnantes jonchent les rues et les colorent….

Il faut éduquer … et quand sur le chemin du retour Hicham balance allègrement les emballages des gateaux Randa lui explique le tri sélectif …

 

L’accueil dans la famille d’Hicham :

 

Dans son village natal, vit l’un des frères qui est le cheik du secteur . Il va en outre entrer au parlement et son objectif est de devenir président du pays . A 31 ans un joli parcours !

Nous sommes reçus dans une très belle maison spacieuse et imposante : digne d’un futur président !

L’avenir nous dira si nous aurons eu le privilège d’être conviés à sa table . Plusieurs hommes  du village nous accueillent avec lui !

Dans le hall chacun retire ses chaussures mais le sol est encore mouillé du nettoyage… On arrive dans un grand salon meublé de divans bas..

Nous prenons place..

On nous apporte du miel encore dans ses alvéoles…et de l’eau .. le miel est délicieux !

Pendant ce temps nous avons quelques explications : cette salle est celle où les hommes se réunissent l’après-midi pour « katter ». Non le kat n’est pas une drogue ! tout au plus un stimulant intellectuel naturel ; on n’est pas plus intelligent mais on réfléchit mieux et plus vite . Pas d’accoutumance, pas d’effets secondaires. C’est convivial comme l’apéritif chez nous et il y a plusieurs qualités : du très bon pour ceux qui on les moyens et du bas de gamme pour les autres .  Désormais vous en savez autant que moi sur le sujet !

 

Puis Randa et moi sommes invitées à rencontrer la maîtresse de maison cantonnée dans ses quartiers, puisqu’elle ne doit pas être vue des autres hommes !

Nous trouvons une très sympathique et très jeune femme (elle a 19 ans) qui nous accueille comme des amies de longue date . On nous présente les 2 enfants puis son mari lui demande de nous prêter des robes noires et de nous voiler et vlan : nous voilà déguisées en tortues ninja en un tour de main .

Il paraît qu’il en va de la réputation de Mr le futur président … dans ce cas ! Qu’est ce que ça nous va bien ! Nos hommes nous trouvent moyennes dans ces tenues… J.J trouve que Randa a un air têtu et que je ressemble à la mère supérieur du couvent … il m’appelle « ma sœur » tout l’après-midi …. On rit en sachant que ça ne va pas durer .. En effet Randa et moi nous nous voyons  mal affublées de ces tenues bien longtemps , on a chaud et nos visages sont serrés là dedans . Chemin faisant nous nous mettons à l’aise en desserrant nos voiles. Nous apprécions aussi  beaucoup cette tenue pour « crapahuter » dans les chemins de chèvres : c’est très anti-pratique : on se prend les pieds dedans et c’est là qu’on comprend pourquoi les paysannes portent leur charge sur la tête ( photo) sauf que le sac à main sur la tête : ça va pas du tout ; l’appareil photo non plus !

De retour à la maison du frère nous voilà confinées chez les femmes pendant que les hommes déjeunent… à même le sol sans couverts ni assiettes ( photo) mais ils se régalent quand même avec de l’agneau délicieux !

Nous déjeunerons dés qu’ils auront terminé… mais il est environ 16 H et on commence a avoir vraiment faim, en attendant Randa bavarde avec Achwak (notre hôtesse). On apprend qu’elle s’est mariée à 13 ans, a quitté l’école un an plus tard pour cause de grossesse , et que si toutes ses grossesses avaient abouti elle aurait 4 ou 5 enfants au lieu de 2….

On fait un petit tour aux toilettes : c’est extrêmement sommaire avec bain de pieds obligatoire car le sol est toujours mouillé : pas de savon, pas de papier toilette, pas de serviettes pour essuyer quoi que ce soit.

Quand un peu plus tard nos hôtes nous proposent de passer la nuit et toute la journée du lendemain, nous refusons poliment avec un prétexte en béton : Christian a des médicament à prendre … et encore à ce moment de l’histoire nous n’avons pas vu la cuisine où nous irons nous laver les mains après le repas. Nos concessions aux coutumes du pays vont s’arrêter là .

Toutes les voisines de 3 à 77 ans défilent pour nous voir : nous sommes l’événement du jour !

 

Je dois aussi vous parler d’une autre rencontre très touchante : en redescendant du village haut perché nous nous arrêtons chez l’un de nos accompagnateur , directeur d’école qui veut nous présenter son épouse.

Nous sommes accueillies par une très jolie et très sympatique jeune femme Hanane ( ce qui signifie tendresse ) et elle porte bien son nom car tout son visage respire la tendresse et une profonde gentillesse, elle nous offre à boire puis après quelques instants de discussion offre à Randa un très joli chapeau de paille tressé et coloré. Le présent est modeste mais offert avec tant de spontanéité et de générosité que nous sommes très émues.

C’est la plus gentille et la plus sympathique des femmes rencontrées à ce jour et je ne pouvais pas ne pas parler d’elle.  On s’embrasse et on reprend la route !

 

On rentre avec des paysages grandioses plein la tête et nous les femmes avec l’impression d’un voyage dans le temps ou sur une autre planète où la condition de la femme reste pour nous un mystère.

Le paradoxe étant que sur les murs de l’université féminine des textes sur l’égalité de la femme sont écrits en grandes lettres mais visiblement pas appliqués au pied de la lettre.

 

 

 

Mercredi 27 février 15 H

 

Nous attendons Hicham pour aller en ville :

J.J et moi au cyber-café pendant que Randa ira rencontrer son épouse et ses parents.

Ce soir nous devrions récupérer les nouvelles hélices ! Demain elles seront en place. Si tribord tourne normalement  et si la météo est favorable on reprendra rapidement le voyage !
Par Geneviève Tarratre
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:26

Jeudi 28 Février

 

 

La matinée se passe dans l’entreprise qui fabrique nos hélices.
Réception dans le bureau du directeur où l’on nous sert le traditionnel « chai » le thé. Pour commencer thé blanc , c.a .d . thé au lait  très bon !  Plus tard on aura droit au thé vert .

L’usine fabrique essentiellement des pompes destinées à l’agriculture pour l’eau des forages et comme elle dispose d’une fonderie elle fabrique toutes les pièces qu’elle ne trouve pas déjà faites. Ils ont déjà fabriqué des hélices pour des cargos… et comme on dit qui peut le plus peut le moins.

La société dont fait partie cette usine est quelque chose d’ENORME ! Ils sont agents pour plus de 400 marques, ils ont des compagnies de transport maritime, des usines d’eau… et la liste serait trop longue !

On visite tout, de ce qu’ils ont en stock, à la fonderie , en passant par les salles de fraisages, de peinture sans oublier d’aller voir les concessionnaires voisins ( Renault Trucks, Fiat et autres ) afin que nous comprenions bien que quelque soit la pièce dont nous aurons besoin nous sommes surs de la trouver. Si elle n’existe dans aucun stock on nous la fera !

 

Retour au bateau pour déjeuner avec escale à l’entrée du port où nous récupérons une jolie seiche épluchée et tranchée que je vais frire en beignets … avec un petit aïoli … miam

Naturellement la seiche est offerte !!! C’est le contraire qui nous aurait étonné .

 

 

L’après-midi chez les femmes.

 

Randa et moi sommes invitées chez Yasmine ( l’une des sœurs d’Hicham ) pour faire des tatouages au henné.

Nous sommes là encore reçues comme de vieilles amies. Cette fois-ci j’ai amené l’ordi pour pouvoir montrer des photos de France, des enfants, du bateau etc… et là petit problème : ces dames aimeraient voir le bateau et  faire une petite ballade en mer… quand nous en parlerons à Hicham ce sera non : pour des raisons qui nous echappe elles ne peuvent venir sur le port de pêche ???.

Le quartier où elles vivent n’est pourtant pas plus huppé . C’est dans la très vieille ville avec plein de petits artisans autour. Un immeuble un peu lépreux , un escalier de guingois, un petit palier avec une gazinière.. et l’on pénètre – sans chaussures – dans une pièce de séjour ( buffet-télé - frigo -divans tout le tour ) attenante à une grande

chambre ( grand lit- grande armoire- et encore des divans) pas de fenêtres dans aucune des 2 pièces mais de hauts plafonds avec des ventilateurs , et des rideaux sur les murs.

On s’installe sur les divans de la chambre et les sœurs, belles-sœurs, cousines, et autres voisines arrivent. Toutes sont voilées, exceptée celle qui habite l’appartement du dessus ( l’immeuble est occupé par les membres de la même famille ) . La plupart enlève leur robe et leur voile jusqu’au moment de repartir sauf 2 , dont nous ne verrons que les visages et les mains.

Les discussions vont bon train, Randa doit se résoudre à ne me traduire que le minimum ou les questions qui me concerne tant elle a de réponses à donner.

Samira, l’artiste qui va nous dessiner de jolis gants de dentelle et des chaussons aussi se met au travail avec une dextérité confondante. Je fais une photo pendant qu’elle se cache derrière son voile .

Bien sur tout cela est ponctué de thé, jus de fruits, petits gâteaux… (1 mois ici = plus 15 Kg )

Par moments on est jusqu’à 18 dans la pièce. La belle sœur se prépare pour aller à une fête le soir et la voilà vêtue d’une fort jolie robe bleu nuit, parée de tous ses bijoux ( et ce n’est pas du toc ) et maquillée comme une voiture volée : paillettes, mascara, kohol à gogo ; on croirait qu’elle va entrer en scène . Dommage que je ne puisse faire une photo .

Arrivées là à 15H30, nous devions repartir à 19H, mais Hicham est en retard, nous restons jusque vers 21H30.

Donc on dîne, comme la dernière fois : une feuille de journal sur le sol en guise de nappe et les plats sur le journal : tchachuka (très bonne), riz façon yéménite (excellent) et salade sans assaisonnement (bof) + pain et on réussit à avoir des cuillères. Super !

Il faut s’y faire : on n’a vraiment pas les mêmes habitudes.

La générosité des ces gens est vraiment stupéfiante : non seulement ils nous accueillent et nous reçoivent en amis, mais ils ne cessent de nous faire des cadeaux : impossible de payer nos « tatouages » la maîtresse de maison s’en est occupée et comme si ça ne suffisait pas une des sœurs, ou une cousine ( je m’y perds) est sortie nous acheter des cadeaux : bijoux fantaisie et petits textes du Coran … on apprécie moyen la 2ème partie mais on fait comme si on avait ça toute notre vie . A ce propos : à un moment en fin d’après-midi  voilà 2 des miss qui partent s’agiter dans la pièce de séjour : elles installent des petits tapis au sol, enfilent des robes claires avec des capuches et c’est parti pour ¼ d’heure de prières en chansons.  Puis on remballe tout et les revoilà à faire les clowns dans la chambre. Elles rient sans arrêt.

Les enfants de la maison sont là aussi : 3 petits garçons (18 mois, 4 et 6 ans ) on ne les entends pas, ils restent d’une sagesse inimaginable , seul le plus jeune joue un peu avec nous .

Quelle après-midi !

Elle fût très bonne pour nous et sans doute pour elles aussi , mais nous trouvons que c’est quand même une drôle de vie que la leur !

Cela dit quand on n’a pas de comparaison ce qu’on ne connaît pas ne nous manque pas.

Nous ce qui nous manque ici c’est un peu de liberté , celle d’aller faire nos courses ou nous balader sans un chaperon sur le dos . Quand Christian et moi avons voulu aller déjeuner au restaurant voisin avec les parisiens de passage, il a fallu qu’un garde nous accompagne et reste avec nous au restaurant …

 

Au fait les hélices seront prêtes samedi soir ou dimanche et pendant que nous bavardions entre pipelettes, J.J. a réussi à obtenir par internet le plan des embases. On sait maintenant ce qui empéchait l’hélice de tourner correctement et que la réparation n’est pas difficile puisqu’elle ne nécessite pas le démontage de l’embase… ouf , donc on peut espérer partir mardi.

 

Vendredi 29

 

Ce matin petite ballade en ville, et visite de la partie plage crée sur une langue de terre artificielle. Ce n’est pas mal du tout avec de jolis réverbères tout le long et un terrain sur lequel les 4/4 s’en donnent à cœur joie. Sur la partie qui rejoint la ville de très jolis immeubles ont poussé.

Jean-Jacques et Randa offrent à Hicham un livre pour apprendre le français. Et nous trouvons des petits bouquins Français/Arabe : de quoi apprendre à se débrouiller pour l’essentiel et ne pas importuner Randa toutes les 30 secondes.

Voilà de quoi  occuper nos moments perdus et être capable d’un minimum d’ici l’Egypte.

Par Geneviève Tarratre
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:24

Samedi 1er Mars

 

Une hélice est faite mais il faut encore  l’équilibrer.

A part ça  journée zen .

Rand et Jean-Jacques offrent des cadeaux à toutes les femmes de la famille d’Hicham pour les remercier de leur accueil. A la suite de ces achats Hicham déclare que Randa n’aura plus désormais droit d’accés qu’aux seuls magasins d’alimentation…

A propos , je confectionne pour midi un couscous avec de l’excellent agneau et de magnifiques légumes et on se régale. Je craignais d’en avoir fait trop , mais pas du tout !!

 

Dimanche 2 mars

 

On se prépare pour aller se mettre au sec afin de resserrer l’écrou qui empêche l’hélice babord de tourner correctement  et surtout de pousser. Momentanément nous serons sinon à l’abri des curieux tout au moins un peu plus loin.  J’ai mis un petit rideau à la porte mais chaque matin la vaisselle reste un spectacle.

Nous quittons le quai avec plein d’au-revoirs, qu’est-ce que ce sera quand nous partirons pour de bon ??

La mise au sec ne se fait pas si facilement que ça . En plus aujourd’hui les coefficients de marée sont au minimum, mais on a de l’aide …nombreuse à défaut d’être efficace… il y a des petits bras de 8 ou 10 ans. Et puis allez donner un ordre à quelqu’un qui ne les comprend pas !

Je vais devoir faire imprimer quelques photos ici pour les donner à nos petits aides qui font les clowns chaque fois que je les photographie.

 

Sur le coin où nous sommes toute la journée des  canots viennent faire leur carénage… Ils arrivent assez vite puis relèvent leur moteur pour glisser le plus loin possible sur le sable . 2 ou 3 hommes , ou plus selon la taille de la barque la soulève pour la mettre  sur le flan et bien au sec , puis commence un nettoyage au sable. Quelques gamelles d’eau de mer pour rincer, un petit fignolage avec une boite de conserve sur les parties rebelles, et on étale l’antifouling avec un chiffon, puis quelques retouches de peinture si nécessaire toujours au chiffon et en quelques heures voilà un bateau tout propre , remis à l’eau et prêt à repartir au travail.

 

A 14H30, heure de la marée la plus basse on voit qu’on n’est pas très bien posé et que le travail n’est pas possible .

 

16H : Grand nettoyage d’Alcazar qui de gris redevient blanc avec beaucoup d’eau de mer et un peu de Vim, voilà un produit vieux comme Hérode, qui ne coûte pas cher et qui additionné d’un peu d’huile de coude donne de très bon résultats.

 

18H :  Christian met  place la nouvelle hélice.

19H : Hicham vient chercher J.J. et Randa pour aller récupérer la deuxième hélice

21H : Ils ne sont pas encore rentrés… nous attendrons donc demain matin pour bouger à nouveau le bateau et faire enfin ce petit boulot .

De toutes façons s’il faut aussi équilibrer la deuxième hélice ce ne sera fait que demain, donc pas de panique.

22H : Ils arrivent avec la fameuse hélice fin prête… c’est juste nous qui ne le sommes pas pour la mettre en place .

 

Départ Mardi ??? ce serait bien !

 

 

Lundi 3 mars

 

La mer ne descend pas suffisamment , il s’en manque de 10 cm à peine et on ne peut pas reculer le bateau d’avantage sous peine de casser les safrans…

Mais il existe une cale de carénage occupée actuellement et naturellement par les boutres, alors nos amis gardes-cotes vont la faire libérer et nous sortir de l’eau ….aussi longtemps que nécessaire, en fait il devrait nous falloir une bonne heure, le travail étant déjà préparé.

Le départ demain risque être après demain …

Le D pose toujours problème, on va ne plus en parler et attendre d’être prêts.

La liste des dernières courses est prête, il nous faut surtout de l’eau en bouteille et du gaz, maintenant que le frigo fonctionne, nous en consommons d’avantage mais il est très agréable d’avoir au moins de l’eau fraîche pour les repas et de conserver quelques petites choses comme le beurre, les yaourts. Ce ne sera pas le ravitaillement Djiboutien, d’autant que J.J. et Randa mangent fort peu en mer, mais j’espère que l’appétit viendra avec l’habitude.

 

Je crois qu’avec ses voiles et ses hélices neuves, Alcazar va devenir un dévoreur de miles comme un bon bateau de course, avant de se reposer à Beyrouth.

Au fait vu la date , je dois renoncer à fêter mon anniversaire au Liban… alors j’espère que ce sera en Egypte, parce qu’au Soudan ça ne me dit rien du tout..

 

 

Mardi 4 mars

 

9H : Nous avons passé la nuit le long de notre quai habituel, après un accostage pas très simple, mais sans casse.

Ce port déploie vraiment une activité extraordinaire de jour comme de nuit.

Il n’y a d’accalmie qu’entre midi et 16H, tout le reste du temps les boutres et les plus petites barques partent et reviennent chargées de poissons, le secteur est fructueux car il y a beaucoup d’îles et de hauts fonds. Et la zone portuaire est bien équipée en frigo et glace pour emporter le poisson vers la capitale et l’exportation. Il y a aussi des ventes à la criée qui ne manque ni de cris ni de micro !

Mais ici contrairement à Djibouti : pas de femmes sur le terrain.

 

Nous attendons maintenant que l’on vienne déplacer et lever le bateau pour lui faire enfin son ultime réparation. Pendant ce temps on ira faire un tour en ville.

Et bien je complète cette aventure du jour à 17H30.. Le bateau est hors de l'eau et ce fût bien mené mais avec pas mal d'émotions. 
La P.. d'embase est enlevée et l'on s'aperçoit que le bout  a fait plus de dégats que prévu, il y a des pignons à refaire et je vous passe les détails qui sont aussi techniques que compliqués... A l'heure où je tape diverses pièces sont entrain d'être refaites et une chose est sure c'est que nous ne partirons pas demain !!!
Sans compter que le bateau étant posé l'arrière en l'air on vit comme des dahus à l'intérieur , table en biais , couchettes aussi ... on va donc dormir la tête en bas ...
J'espère revenir demain vous tenir au courant .
Par Geneviève Tarratre
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